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L’œuvre des Capucins français à Constantinople. Aux confins des ambitions romaines et des politiques françaises en Orient (1881-1901)
Thèse non numérisée. Résumé : Saint-Louis de Péra, couvent fondé à Constantinople par des Capucins français au XVIIe siècle, avait été confié aux Italiens après la Révolution. Le retour des missionnaires français à Saint-Louis en 1881 se fit avec la bénédiction du ministère des Affaires étrangères et de la congrégation de la Propagande à Rome, qui voyaient dans cette œuvre un instrument efficace pour contribuer à leurs politiques respectives. Le Quai d’Orsay souhaitait affermir le protectorat français sur les intérêts catholiques en Orient en réinstallant des aumôniers français à Saint-Louis, chapelle de l’ambassade près la Sublime Porte. À Rome, le gouvernement pontifical comptait faire du couvent un collège de rites, destiné à former des catholiques orientaux pour mettre en œuvre le projet d’« union des Églises » que portait Léon XIII et qui consistait en une restauration de la dignité des Églises orientales unies, afin de regagner par elles les communautés orthodoxes d’Orient au catholicisme. L’étude de l’œuvre de Saint-Louis permet d’aborder la mise en action de ces programmes, ainsi que la difficulté pour les missionnaires de les conjuguer avec les réalités du terrain et avec leurs propres aspirations. Les Capucins surent mettre à profit leur indépendance, aux confins des ambitions romaines et des politiques françaises, pour développer un apostolat original qui contribua à l’affermissement du clergé catholique de la région de Constantinople.
L’imprimerie franciscaine de Jérusalem au service de la Terre sainte (1846-1969)
Thèse non numérisée. Résumé : En 1847, une poignée de religieux et de laïques achèvent le tirage d’un abécédaire au couvent franciscain de Saint-Sauveur, siège de la Custodie de Terre Sainte à Jérusalem : avec cet humble feuillet, premier imprimé en caractères mobiles arabes produit sur le territoire palestinien, débute une riche production plurilinguistique. L’Imprimerie des Pères Franciscains est fondée à deux fins précises: fournir gratuitement aux élèves fréquentant les écoles de Terre Sainte les manuels nécessaires à leur instruction spirituelle et intellectuelle, et aux religieux les supports de la pastorale auprès des populations chrétiennes locales. Le XIXe siècle marque alors la convergence de plusieurs dynamiques très favorables : la libéralisation progressive de l’Empire ottoman ainsi que la prise d’intérêts croissante des puissances occidentales au Proche-Orient créent un terreau fertile pour le développement de l’activité missionnaire dans la région. Les publications franciscaines participent alors à plein au mouvement général d’alphabétisation de la population et de diffusion de l’écrit dans toute la société, à travers une gamme d’ouvrages variés, allant du recueil de prières jusqu’aux travaux d’archéologie biblique, en passant par les livres scolaires. Fondée en tant que maison d’édition en 1969, la Franciscan Printing Press constitue un acteur majeur de l’histoire du livre oriental mais aussi de la vie ordinaire de la Ville Sainte. Sa longue aventure livre de fait un témoignage original des évolutions culturelles, politiques et sociales qui transforment le Levant au cours d’un XXe siècle mouvementé.
Louis XV chef de guerre. Cérémonial de cour et commandement (1741-1748)
Thèse non numérisée. Résumé : Le rôle de Louis XV dans la direction de la guerre de Succession d’Autriche (1741-1748), est une question majeure pour l’étude de la légitimité guerrière du pouvoir royal et de la monarchie absolue en France au XVIIIe siècle, en particulier lors de sa prise de commandement nominale de l’armée royale en Flandre de 1744 à 1747. Dans la perspective d’appréhender l’extrême vivacité de l’héritage louis-quatorzien et la fidélité scrupuleuse au modèle du « roi de guerre », la présence de Louis XV à l’armée engage à une double approche d’historien. Il s’agit, en premier lieu, de considérer le cérémonial, l’étiquette, la culture matérielle, et l’organisation logistique du voyage. Il faut également constater les nombreuses spécificités guerrières spectaculaires de la vie de la cour aux armées, ou encore mettre en exergue l’objet historique méconnu qu’est le quartier du roi, aux innombrables tentes dorées et chamarrées, véritable résidence royale éphémère à l’armée. En second lieu, il est révélateur de s’attacher à observer la part réelle et la part fictive du roi dans le commandement. La première dévoile son rôle discret d’arbitre des querelles politiques et militaires des généraux. La seconde souligne la mise en valeur du corps du roi, comme objet surnaturel issu de la « religion de la seconde majesté », à l’intérieur du cadre traditionnel de la guerre de siège. Enfin, les interventions personnelles du roi, parfois néfastes, sont souvent décisives : c’est contre l’avis de tous que Louis XV se rend à son armée à la veille de la bataille de Fontenoy. Devenu « chef de guerre », c’est drapé dans le cérémonial et l’étiquette que Louis XV tient la main à la direction des opérations.
D’une affaire menacée à un commerce florissant. Les premiers pas de la maison de joaillerie Mellerio en république (1870-1914)
Thèse non numérisée. Résumé : La maison Mellerio dits Meller, plus ancienne joaillerie de luxe de la rue de la Paix, n’a bénéficié que d’une seule monographie publiée en 2009. La présente étude tend à suivre les premiers pas de cette maison en république, à une période charnière de son histoire, durant les cinquante ans qui séparent la chute du Second Empire de la Grande Guerre. Elle prend appui sur les archives privées inédites de l’entreprise. Lorsqu’éclate la guerre de 1870, la prospérité du commerce familial est sérieusement compromise. Pour les trois générations de Mellerio qui se succèdent entre 1870 et 1914 s’annonce un véritable défi : garantir la viabilité du 9 rue de la Paix ainsi que de leurs succursales parisienne et madrilène. Dans le contexte économique peu porteur des années 1870-1890, la maison Mellerio se démène pour attirer à elle une plus large clientèle tant et si bien qu’à la fin des années 1890, le chiffre d’affaires de la maison est en hausse continuelle, atteignant plus de deux millions de francs à la veille de la Grande Guerre. Alors que les élites traditionnelles se montrent de plus en plus réservées dans leurs achats de parures, elles se voient supplantées par des notables en quête de reconnaissance sociale : ce sont les personnalités de la Haute Banque, les industriels, les grands négociants et tout ce que le Paris de la Belle Époque compte comme célébrités qui franchissent désormais le seuil du 9, rue de la Paix. Les élites étrangères qui ont conscience de la suprématie française en matière de luxe, ne résistent pas non plus aux attraits des vitrines Mellerio. À la veille de 1914, Mellerio est une maison de joaillerie de premier plan, fournisseur de plusieurs souverains.
« Que l'Europe soit esclave tant qu’elle veut, moi du moins je suis libre ». Édition critique de la correspondance européenne d’Achille Murat (1830-1833)
Thèse non numérisée. Résumé : L'édition de la correspondance d'Achille Murat (1801-1847), fils aîné de Joachim Murat, ancien roi de Naples, et de Caroline Bonaparte, plus jeune soeur de Napoléon, porte sur les années de son voyage européen, du départ, à l'hiver 1830-1831, au retour en Amérique, à l'été 1833. Exilé en Floride, où il s'est fait avocat et planteur, Achille Murat prend la décision de traverser l'Atlantique lorsqu'il apprend l'accession au trône de Louis-Philippe, duquel il espère obtenir le report de la loi d'exil qui frappe la famille Bonaparte depuis 1816. Sa correspondance notamment avec sa mère, Caroline, mais aussi avec Joseph Bonaparte, le général Lafayette, ou encore des dirigeants belges comme Charles de Brouckère, entremêle écrit du fo privé et échanges combatifs avec les opposants au régime de Louis-Philippe qui songent à faire de lui le régent d'un Empire républicain au nom de son cousin, Napoléon II. De l'Angleterre à la Belgique, où il caresse le rêve de diriger une armée en formant une légion étrangère, puis au Portugal, Achille Murat se heurte à un double obstacle, celui d'un nom porteur de promesses et celui de causes à défendre pour lesquelles on lui préfère inexorablement un candidat mieux placé. D'une correspondance trilingue et aujourd'hui éparpillée à travers le monde, se détache le portrait d'un homme qui écrit sans cesse, animé par l'espoir de marcher sur les traces familiale et de restaurer ainsi la noblesse et le prestige de sa lignée.
« Vous estes au pays des sçavants et à la source de la science ». Le renouveau de l’abbaye Sainte-Geneviève à travers l’exemple du p. Du Molinet (1620-1687)
Thèse non numérisée
Commenter l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539-1681)
Thèse non numérisée. Résumé : La promulgation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts par François Ier en août 1539 s'inscrit dans une politique législative séculaire destinée à une réforme en profondeur des pratiques juridiques du royaume, dans un contexte de paix. Ses 192 articles ont trait aux procédures civile et criminelle des tribunaux royaux, ainsi qu'à la police des métiers. Si certaines dispositions constituent de véritables innovations, nombreuses sont celles qui se contentent de préciser la législation antérieure. Dès son enregistrement par les cours souveraines, le texte de l'ordonnance donna lieu à d'intenses réflexion doctrinales publiées sous la forme de commentaires, dont certains furent réédités jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Qu'il s'agisse d'éminentes figures de la sciences juridique ou de juristes moins connus, les exégètes de l'ordonnance furent tous des justiciables d'une loi dont ils s'efforcèrent de déterminer la nature et la portée. Si certains articles leur paraissent insuffisants ou inapplicables, d'autres emportent leur adhésion dans une volonté commune de pallier les lenteurs de la justice. Mais on ne saurait confondre cérélité judiciaire et justice expéditive, et la plupart des commentateurs s'efforce de tempérer les rigueurs de l'ordonnance en matière criminelle, lorsque celle-ci porte atteinte aux droits de la défense. En isolant un texte de loi français et en lui appliquant les méthodes exégétiques propres aux doctrines romano-canoniques, les commentaires de l'ordonnance participent d'une valorisation d'un droit français en un temps où celui-ci n'était honoré d'aucun enseignement universitaire. Leur étude ouvre de nouvelles perspectives dans l'histoire du livre juridique.
Des ailes et des roues. La place des moulins à eau et à vent dans le système énergétique parisien médiéval (XIIIe-XVIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Aujourd'hui vus comme des éléments pittoresques du paysage, les moulins furent à la base de la croissance démographique et économique des sociétés préindustrielles. En permettant pour la première fois l'exploitation de formes d'énergie inorganiques, ces convertisseurs énergétiques allaient, comme l'écrivait Marc Bloch, "rendre plus aisée la vie d'innombrables foules humaines". L'étude de la place de ces dispositifs de production d'énergie renouvelable dans la satisfaction des besoins des sociétés préindustrielles a beaucoup à apporter à la compréhension des enjeux du débat autour de la transition énergétique. Afin d'envisager de manière nouvelle cette question, à laquelle de nombreuses réponses se trouvent à l'échelle des grandes villes, le présent travail se propose d'examiner la manière dont ces installations contribuèrent à satisfaire la demande énergétique de la région métropolitaine du Paris médiéval, comptant, à l'aube du XIVe siècle, environ 250.000 habitants. Grâce à un corpus de documents et d'images en grande partie inédit, il dresse un tableau qualitatif, quantitatif et relationnel de l'équipement énergétique de la capitale et met au jour les évolutions qu'il connut entre le XIIIe et le XVIe siècles, démentant l'idée d'un système énergétique préindustriel figé.
Les journaux de René Coty (1936-1945). Un modéré entre deux Républiques
Thèse non numérisée
Du condominium aux territoires. Territorialisation, occupation des sols et réforme de l’Église à Marseille au Moyen Âge (950-1215)
Thèse non numérisée. Résumé : Le présent travail considère trois objets historiques dans la région marseillaise au Moyen âge : l'émergence d'un territoire institutionnel en conséquence de la réforme de l'Eglise, qui aboutit dans la formalisation du diocèse comme territoire de l'évêque ; les évolutions des formes d'occupation du sol, notamment la densification et l'agglomération de l'habitat rural, manifestes à travers les recompositions du maillage castral; et la formation d'une identité marseillaise qui semble se situer à la croisée des deux phénomènes précédents, méritant sous cet aspec d'être mise en lumière. La région marseillaise présente l'intérêt d'avoir une longue histoire, bien documentée, fondée, dès 600 av. J.-C., sur l'urbanisation et la territorialisation des environs de la cité. Elle n'a cessé de conserver une position stratégique au sein des blocs historiques successifs qui l'ont intégrée, ce qui en fait un objet historique d'exception pour ce travail, puisque l'on peut faire la part de l'héritage, de la résilience et de l'innovation dans la composition des différents ensembles territoriaux médiévaux, dont l'histoire à l'échelle de la Chrétienté est désormais bien connue. Par ailleurs, le contexte politique marseillais à la fin de l'ère carolingienne est original, puisque les trois institutions urbaines (vicomté, évêché et abbatiat) appartenaient à une seule famille. La réforme de l'Eglise, précipitant la fin du condominium, hâta la territorialisation sous ses deux formes. L'apparition de la commune de Marseille au début du XIIIe siècle apparaît alors comme l'aboutissement des deux logiques territoriales étudiées et le résultat des expérimentations laïques et ecclésiastiques en la matière, après un siècle d'âpre compétition territoriale.
« Pour leur peine et salaire d’avoir joué ensemble de leurs instruments ». Organisation et reconnaissance du métier de musicien instrumentiste dans la société urbaine de la fin du Moyen Âge (XIVe-XVIe siècle)
La performance musicale au Moyen âge est exécutée par des jongleurs ou des ménestrels, dont on retient souvent, aujourd'hui encore, l'image romantique d'hommes à la vie dissolue et aux moeurs douteuses, errant de château en château pour divertir les seigneurs en échange du gîte pour la nuit, ou chantant dans la rue dans l'espoir d'une aumône. Dès le Moyen âge, les discours cléricaux s'appuient sur cette mauvaise réputation des amuseurs pour condamner fermement jongleurs et ménestrels, et refuser de voir dans leur activité un véritable travail. A partir du XIVe siècle, les musiciens instrumentistes qui vivent en ville s'organisent pourtant en communautés et se dotent de réglements professionnels. La pratique instrumentale de la musique, devient alors un véritable métier artisanal, qui prend le nom de ménestrandise, et un statut de professionnel du divertissement se dessine, qui contribue à la reconnaissance sociale des musiciens instrumentistes. Le mouvement communautaire qui touche ces derniers à la fin du Moyen âge s'inscrit dans le cadre général d'une structuration des métiers en cours et de la mise en place d'une réglementation du travail. A la faveur d'une mutation profonde de leurs modes de rénumération, qui s'apparente de plus en plus à un salaire, les musiciens professionnels voient globalement leur condition s'améliorer entre le XIVe et le XVe siècle. Certains d'entre eux accèdent même à une certaine notabilité, ou au moins, une relative richesse. Cette évolution ne concerne cependant pas tous les jongleurs et ménestrels, dont une partie reste en marge du mouvement communautaire.
Le Pèlerinage de l’âme en prose et la Peregrinacio anime. Édition critique des réécritures du deuxième Pèlerinage de Guillaume de Digulleville par Jean Galopes
Thèse non numérisée. Résumé : Non content d'être le premier à mettre en prose française l'un des Pèlerinages en vers de Guillaume de Digulleville dans les années 1420 pour le duc de Bedford, l'universitaire parisien Jean Galopes a réalisé peu après la traduction latine de sa mise en prose à la demande du régent de France. Cette thèse se propose de donner une édition critique parallèle des deux textes composés par Jean Galopes. Elle se palce ainsi à la confluence de l'intérêt de la recherche pour les réécritures médiévales et de celui qui a vu fleurir depuis plus d'une décennie les travaux sur Guillaume de Diguville et sa postérité littéraire. Elle a entre autres pour but de permettre l'analyse ultérieure de sprocessus de mise en prose et d'auto-traduction. Cinq témoins manuscrits subsistent du Pèlerinage de l'Ame en prose, qui a par ailleurs fait l'objet d'une édition par Antoine Vérard en 1499. Sa traduction latine, la Peregrinacio anime, nous a elle été transmise par deux manuscrits. Nos éditiosn prennent en compte l'ensemble des témoins.
La Hongrie dans l’imaginaire français du XVe siècle : culture royale et identité dynastique à la cour d’Anjou-Provence
Thèse non numérisée. Résumé : Que représentait la Hongrie pour les Français du XVe siècle? Quelle place occupait dans l'imaginaire collectif ce pays lointain qui, à la fin du Moyen âge, était une puissance de premier ordre en Europe centrale ? L'étude envisage d'abord ces questions en prenant pour cadre la cour d'Anjou-Provence durant le règne du fastueux couple formé par René d'Anjou hérite en 1435 des royautés de Sicile, de Hongrie et de Jérusalem- ces deux dernières étant demeurées fictives. René et Jeanne n'en orchestrent pas moins leur mécénat une subtile politique de réactivation dynastique, où la Hongrie rappelle le souvenir des souverains angevins qui, au XIVe siècle, régnèrent sur la Hongrie. Ce faisant, alors que l'assise territoriale du couple royal s'amenuise, la cour du roi René enracine son pouvoir dans un temps long et l'inscrit dans un cadre spatial pour ainsi dire universel. Le propos élargit ensuite l'examen aux productions culturelles qui pouvaient circuler au XVe siècle en France et qui font référence à la Hongrie, afin de confronter cette image entre connaissances concrètes et fantasmes pluriséculaires. Royaume situé entre l'Orient et l'Occident, entre royauté sainte et résurgences barbares, gardienne de la Chrétienté tout en étant à l'extrême limite de celle-ci, la Hongrie apparaît avant tout comme un monde de contrastes dan sl'imaginaire français de la fin du Moyen âge.
Germain, évêque de Paris (v. 496/500-576), de l’aristocrate burgonde au saint parisien. Parcours, réseaux et mémoire (début vie-fin VIIIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : L'évêque Germain de Paris est généralement considéré comme un personnage de premier plan de l'Eglise au VIe siècle ; pourtant, personne ne lui avait jusque-là consacré de travail de recherche. De plus, l'historiographie a longtemps été influencée par l'importante production documentaire postérieure de l'abbaye de Saint-Germain-des-¨Prés, qui tendait à occulter le personnage historique pour en faire un saint fondateur de l'Eglise parisienne. La présente étude, constitue donc une biographie de Germain à partir des sources émanant de ses contemporains, à commencer par Venance Fortunat et Grégoire de Tours. Il est ainsi possible d'insister de façon nouvelle sur l'origine autunoise de Germain, né dans une famille de l'aristocratie municipale au sein du royaume de burgonde, qui devient évêque de Paris lors du ralliement de sa cité au roi Chidebert Ier en 556. Cette nouvelle perspective permet de réévaluer les circonstance de son épiscopat, où il se montre un évêque actif, oeuvrant au développement de plusieurs cultes, s'insérant dans les réseaux de l'épiscopat du royaume de Paris et cherchant à défendre l'autorité épiscopale dans sa cité comme au sein des royaumes mérovingiens. Il est également possible d'étudier la spiritualité et la sainteté de Germain, influencé par son homonyme, saint Germain d'Auxerre, auquel il doit son nom et son modèle d'ascèse, qu'il partage avec la sainte Radegonde. Enfin, le développement de sa mémoire s'avère particulièrement lié à l'implication de l'entoutage royale, depuis Chilpéric Ier jusqu'à Pépin le Bref, et on peut ainsi réévaluer le lien unissant Germain à la basilique Saint-Vincent où il repose et qui prit le nom de Saint-Germain-des-Prés.
Au plaisir de dieu, au service de l’État. L’ambassade près le Saint-Siège de Wladimir d’Ormesson au prisme de son journal (1948-1956)
Thèse non numérisée. Résumé : Wladimir d'Ormesson (1888-1973) est un diplomate, journaliste, écrivain et académicien français, issu d'une famille de hauts fonctionnaires et de serviteurs de l'Etat. Il a tenu à partir de 1919 un journal fleuve, dont l'étude se limite ici aux années 1948 à 1956, c'est-à-dire à la période de sa seconde ambassade ^rès le Saint-Siège. Les huit années qu'il passe à Rome représentent près de six mille pages manuscrites complétées de lettres, photographies, coupures de journaux, jointes au journal. La lecture permet d'avoir une vision de l'ambassade d'un point de vue personnel et non pas institutionnel; elle fait aussi revivre les relations sociales et familiales d'un homme de l'aristocratie au tournant des années cinquante, alors que la modernité et la société de consommation déferlent sur une Europe exsangue après la guerre. Wladimir d'Ormesson, par sa position et ses intérêts, dresse aussi le portarit d'une Eglise en proie à l'intégrisme comme au progressisme, alors que le communisme progresse en France et en Italie. Enfin, l'ambassadeur se fait ùéùorialiste en dressant des protraits d'hommes politiques, de religieux, de mondains. Il livre aussi dans son journal ses idées politiques et religieuses. La période sur laquelle s'étend le journal regorge à ce titre de possibilités pour l'ambassadeur de s'exprimer, à l'époque des expériences des prêtres-ouvriers mais aussi du délitement de l'Union française, et des débuts de la Guerre Froide, du blocus de Berlin à la crise de Suez.
Gouverner au nom du roi entre Renaissance et guerres de Religion : la correspondance de Guy Chabot, gouverneur de La Rochelle, entre 1559 et 1572
Thèse non numérisée. Résumé : Le nom de Guy Chabot (1508-1584), baron de Jarnac, subsiste dans la mémoire collective grâce au "coup de Jarnac", habile passe d'armes qui lui valut de remporter la victoire lors du dernier duel judiciaire organisé par un roi de France, en 1547. Héritier d'un elongue tradition de service de la Couronne, courtisan élévé auprès des Valois, soldat formé par les campagnes italiennes, Guy Chabot obtint en récompense de ses services la charge de gouverneur de la Rochelle et de l'Aunis en 1559, qu'il conserva jusqu'à sa révocation en 1572. En tant que tel, il eut à affronter le déclenchement des premières Guerres de Religion et à gérer le basculement de la cité maritime dans le camp protestant, auquel il s'opposa avec détermination. Son exercice du pouvoir comme représentant de la majesté souveraine du roi éclaire les enjeux soulevés par une fonction située à mi-chemin entre le coeur de l'Etat et les réalités locales. Dans cette perspective, la correspondance du baron de Jarnac de 1559 à 1572, composée d'environ 350 lettres reçues et émises, offre à l'historien une source d'importance capitale. Editée ici pour la première fois, elle dévoile les spécificités d'un parcours singulier qui offre toutefois, dans ses dimensions à la fois sociales, politiques et religieuses, le modèle d'un gouverneur du XVIe siècle, confronté à la transition douloureuse entre Renaissance et guerres civiles.
« Soulager l’humanité souffrante ». La bienfaisance du duc de Charost en milieu rural 1770-1800
Thèse non numérisée. Résumé : Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost (1738-1800), est un homme de son temps. Eclairé par les idéaux des Lumières, le duc appartient à cette première génération des philanthropes, moins soucieuse du salut de leurs semblables que de leur bonheur terrestre. L'étude de cette thèse se concentre sur le comportement bienfaisant qu'il adopta sur son duché-pairie en Berry. Il y tient le statut de seigneur qui lui donne, selon lui, une responsabilité et un devoir d'assistance envers ses vassaux. Le duc dépasse toutefois l'entreprise des seigneurs charitables qui se contenteraient de distribuer des aumônes. Il envisage une assistance raisonnée, proposant une solution adaptée à chaque catégorie de pauvres. Mais il entend aussi travailler en amont à la suppression de l'indigence. Une telle ambition lie nécessairerement la philantrophie à l'agronomie, dans un royaume majoritairement rural. Charost se rapproche ainsi des théories physiocratiques qui font de la terre la seule productrice de richesses. Autant investi dans l'agriculture qu'il l'est dans l'assistance, le duc essaie d'ouvrir le Berry aux innovations agricoles. La Révolution ne modère pas ses ardeurs et, malgré les changements institutionnels qui provoquent la disparition de la seigneurie, il soumet à présent des projets plus ambitieux. La place éminente de l'ancien duc dans la société parisienne lui donne une certaine audience. Charost rencontre, il est vrai de nombreux échecs, il n'en demeure pas moins l'incarnation originale d'un noble de haut rang préoccupé du sort de ses concitoyens, et soucieux de diffuser autour de lui les principes qui doivent "soulager l'humanité souffrante".
Du lieu de pouvoir à l’espace vécu. Le château de Talmont du XIIIe au XVe siècle
Le château de Talmont (talmont Saint-Hilaire, Vendée), est un édifice imposant et complexe, occupé du XIe au XVIIe siècle. Dans la lignée des travaux ayant porté sur l'architecture et l'occupation du château du XIe jusqu'au début du XIIIe siècle, cette thèse se propose d'ajouter au dossier l'étude des parties tardives (XIIIe-XVe siècle), dans la perspective d'une étude archéologique et microhistorique de l'habital castral, prenant en compte le bâti, le mobilier archéologique et les sources écrites. L'histoire politique du site et la société complexe qui le peuple sont étudiées en premier lieu, avant que l'on ne se penche sur l'organisation des chantiers de construction médiévaux et l'étude archéologique du bâti des programmes de construction tardifs bâtis contre la courtine orientale, puis sur les modes de vie au château envisagés notamment sous l'angle de l'alimentation et des rapports du château avec les espaces environnants. L'analyse interdisciplinaire des différentes facettes du site permet in fine de proposer une interprétation générale de son occupation et de sa trajectoire historique à la fin du Moyen âge.
Les disputes de quolibet dans les universités d’Europe centrale (fin du XIVe-début du XVe siècle). Étude de cas : les controverses eucharistiques et le rôle du Liber de causis dans les quodlibets de Prague
Thèse non numérisée
Construire, moderniser, améliorer : planification, construction routière et autoroutière en France de 1900 à 1974
Thèse non numérisée. Résumé : Outre la possession d'une automobile, les déplacements sur autoroute sont un élément constitutif du mode de vie actuel, ces dernières constituant un réseau de près de 11 000km, dont près de 9000 sont soumis au péage. Pour autant, la constitution d'un réseau autoroutier aussi dense que celui de la France n'a pas été une idée aussi naturelle pour des générations de décideurs. A travers l'étude des principales campagnes de construction ou de modernisation du réseau routier, une histoire de spolitiques publiques du XXe siècle peut être constituée. Du début du siècle, marqué par le renouveau de la route,temporairement délaissée au profit du chemin de fer, au premier choc pétrolier, une histoire de l'évolution des mentalités quant aux moyens de moderniser la France et la pratique automobile se fait jour, de même que l'ensemble des retombées en ce domaine. Ainsi, au fur et à mesure que le débat et les réalisations se précisent et s'adaptent à la circulation automobile, la route devient gage de rapidité puis de compétitivité économique, en même temps qu'elle devient instrument d'aménagement du territoire. Cela ne se fait pas sans heurts, et sans entraîner d'autres changements majeurs, que le présent travail s'efforce de mettre en lumière tout en tentant d'en faire émerger les motivations et les implications,à l'image de la mise en place des politiques de concessions et de péage des autoroutes de liaison. Il en va ainsi du passage d'une vision globale et régalienne des autoroutes au début des années 1960, avant que cette dernière ne fasse l'objet d'un infléchissement néolibéral à la fin de la décennie et au début des années 1970, tant sur le plan de la gestion des infrastructures que de leur contruction. Plus précisément, l'interaction des idées modernisatrices, les résistances et les adptations suscitent une évolution globale de la manière de gouverner la France, dès lors qu'il s'agit de l'équiper. Il s'agit donc d'étudier les interactions pour en mieux comprendre les implications sur les pratiques actuelles de la route et de l'autoroute, généralement perçues comme le produit d'une histoire.
Le carnet de Sienne de Giuliano da Sangallo. Les archives graphiques d’un architecte de la Renaissance
Thèse non numérisée
Jean Leblond : un consul diplomate à Venise (1718-1759)
Thèse non numérisée. Résumé : La présente étude a comme objet la représentation consulaire française à Venise au XVIIIe siècle.Dans un Etat que les contemporains et l'historiographie traditionnelle disent affaibli après la paix de Passarowitz, 1718, cette thèse cherche à comprendre pourquoi la France a, malgré tout, cherché à y entretenir deux représentants, un ambassadeur et un consul et comment cette doucble représentation prenait forme. C'est à travers la figure de Jean Leblond que la question a été étudiée en se basant sur les sources manuscrites tant en France qu'en Italie. La famille Leblond occupa le consulat entre 1679 et 1793 et connaît donc parfaitement Venise et le fonctionnement de ses institutions. Il ne s'agit pas de retracer la carrière personnelle d'un homme qui officia comme consul pendant plus de quarante ans, 1718-1759, mais de voir, à travers lui, comment le titulaire d'un poste créé pour protéger les intérêts commerciaux et les Français présents sur place pouvait être amené à dépasser sa mission originelle dans un Etat qui, faisant de la neutralité un modus vivendi, se détournait des grands enjeux géopolitiques du XVIIIe siècle. Les instructions et les missions données aux ambassadeurs et au consul se recoupent nécessairement dans une ville où tout est lié, économie, politique comme diplomatie. Les relations compliquées de Leblond avec les diplomates français sont à la fois cause et symptôme de l'envergure qu'il donna à sa fonction qui réclamait un consul politique et diplomate. Par bien des aspects, Jean Leblond a révélé comme consul et chargé d'affaires toutes les qualités exigées d'un diplomate dans une place telle que Venise, plaque tournante par où transitent hommes et marchandises et nouvelles affluant de Méditerranée et d'Europe.
Beauté du paradoxe. Le cheval barbe dans son destin franco-algérien (1542-1914)
Thèse non numérisée. Résumé : Lorsque la France débarque dans la régence d'Alger en 1830, le cheval d'Afrique du Nord, qu'elle appelle le Barbe depuis le XVIe siècle, est loin de lui être inconnu. Importé depuis longtemps en Europe comme monture de luxe, à la fois rare et prestigieuse, le Barbe voit pourtant ce statut bouleversé avec la conquête de l'Algérie. Deux héritages équestres très différents, qui se sont lentement formés des deux côtés de la Méditerranée, se heurtent alors brutalement dans le contexte trouble de la guerre, puis de l'exploitation coloniale. Le XIXe siècle marque de fait l'apogée d'une grande confusion dans la définition même de cet équidé, écartelé par des fractures culturelles, sociales et utilitaires. Transformé jusque dans son corps et dans ses fonctions, son identité s'étiole, bien que son nom demeure inchangé. Dans ces conditions, est-il exact de dire que le Barbe existe toujours à la veille de la Première Guerre mondiale? Un seul point met d'accord Algériens et Français, militaires et civils, métropolitains et colons, ministères parisiens et éleveurs du bled : le Barbe est un exceptionnel cheval de cavalerie légère. Le présent travail ne cherche néanmoins pas à étudier la confrontation entre deux mondes à travers le prisme d'un animal, mais le contact progressif entre un de ces mondes et un animal étranger via l'autre. En explorant tous les sens possibles du Barbe, et en le sfaisant cohabiter dans toutes leurs contradictions et toutes leurs convergences, sans tenter de dégager une quelconque "logique modélisante", le cheval redevenu acteur à part entière, permet de sortir de relations coloniales trop souvent dichotomiques. Là réside la beauté du paradoxe.
Administrer la communauté villageoise en Lomagne à la fin du Moyen Âge. Étude des comptes consulaires d’Escazeaux (1359-1419)
Thèse non numérisée. Résumé : Loin d'être de simples suites de chiffres, les comptes consulaires de la fin du Moyen âge constituent un témoignage direct des communautés qui les tenaient. Escazeaux, village de Lomagne, aux confins de la Gascogne et du Languedoc, a conservé une série continue de comptes, tenus sur soixante-et-un ans, entre 1359 et 1419. Ces comptes permettent d'éclairer la manière dont les consuls administraient une communauté villageoise en pleine guerre de Cent Ans, mettant en lumière leurs différentes attributions au sein du village, où ils levaient des impôts, rendaient la justice et faisaient construire des fortifications, ainsi que leur rôle de représentation de la communauté, au sein d'un réseau de communautés similaires, mais aussi auprès des autorités seigneuriales qu'étaient le vicomte de Gimois et le roi. Mais ils renferment également une peinture de la communauté aux XIVe et XVe siècles ainsi que toute la vicomté de Gimois, dont Escazeaux faisait partie au Moyen âge, et dont l'histoire est encore à faire.
Édition de la correspondance du nonce en France Girolamo Grimaldi-Cavalleroni (1641-1644)
Thèse non numérisée. Résumé : Girolamo Grimaldi-Cavalleroni, lors de sa nonciature en France entre 1641 et 1644, a entretenu avec le surintendant de l'Etat ecclésiastique à Rome, Francesco Barberini, une importante correspondance diplomatique de près de 1500 lettres, mettant en lumière les liens entre la France et le Saint-Siège à cette époque. L'édition de celles-ci constitue l'objet de cette thèse. Elle a pour but d'expliciter cette correspondance, de la contextualiser et d'y apporter un commentaire pour mieux éclairer les points remarquables de ces échanges. Ceux-ci rendent compte des négociations du nonce avec les souverains et ministres français dans différents domaines. D'un point de vue religieux, le nonce s'attache à la protection de l'Eglise et du clergé français, de l'orthodoxie de la foi, de la pratique chrétienne ainsi que des prérogatives du Saint-Siège en la matière. Les affaires politiques en France sont également très présentes à travers les remises en cause du pouvoir souverain, la mort de Richelieu puis celle de Louis XIII, et enfin la mise en place de la régence d'Anne d'Autrice, assistée de Mazarin. Enfin, les plumes de Grimaldi et Barberini témoignent de la diplomatie européenne à travers la ligne d'action du Saint-Siège- qui est la promotion de la paix entre les puissances catholiques- et des contradictions que lui offrent les choix diplomatiques français. Cela se manifeste autant en ce qui concerne la préparation du congrès de paix destiné à mettre fin à la guerre de Trente Ans que dans les conflits italiens, les campagnes militaires françaises ou encore les négociations des ambassadeurs de France à Rome.
L’ordre du Saint-Esprit sous louis XIV : un instrument au service du pouvoir (1643-1715)
Thèse non numérisée. Résumé : L'Ordre du Saint-Esprit a été fondé en 1578 par Henri III pour rassembler la noblesse autour du trône dans une époque marquée par les divisions religieuses. Composé de cent membres, l'ordre impose à ses novices de faire la preuve de leur foi catholique et de quatre degrés de noblesse. A son avènement, Louis XIV se réapprprie cette distinction devenue la plus prestigieuse du royaume. Il célèbre trente promotions durant son règne,nommant près de deux cents chevaliers et commandeurs ecclésiastiques selon une chronologie révélatrice. La majorité est en effet nommée lors de deux cérémonies célébrées à des moments-clés du règne, en 161 et 1688. Ces dates témoignent de l'utilisation politique que Louis XIV fait de l'ordre. En 1661, le roi affirme son désir de gouverner sans principal ministre et récompense la fidélité des nobles qui l'entourent. Peu à peu, l'ordre du Saint-Esprit prend un caractère militaire plus marqué. En 1688, quelques mois après le début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le roi distingue des militaires haut-gradés et des gouverneurs de places frontalières. Les nombreuses petites promotions de la fin du règne honorent également des officiers militaires et des héros de guerre. Destiné à récompenser la fidélité, il lui permet également d'honorer le mérite; et notamment le mérite militaire. En rassemblant autour de lui la meilleure noblesse du royaume lors de cérémonies somptueuses, Louis XIV met l'ordre au service de la majeté royale. Il s'en sert aussi comme soutien financier de la monarchie, s'appuyant sur lui dans les moments difficiles du règne. L'odre du Saint-Esprit devient ainsi, entre les mains du roi, un instrument au service de l'absolutisme.
« L’intérêt est normand, et l’honneur est gascon ». Le Tribunal des maréchaux de France : agent régulateur du comportement et du crédit des nobles et militaires au XVIIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Le Tribunal du point d'honneur fut créé par Henri IV afin de concilier les querelles entre nobles et militaires et éviter ainsi les duels. A partir du règne de Louis XIV, les maréchaux dotent leur juridiction de règlements qui organisent la procédure. Des agents, de plus en plus nombreux à Paris comme dans les provinces, sont mis à leur service par le roi. Souvent liés aux milieux militaires, ces hommes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement et dans l'évolution de l'institution. Inclus dans les réseaux de sociabilité des justiciables du tribunal- les nobles et le smilitaires français- , les membres de la compagnie du prévôt général de la Connétablie et maréchaussée de France sont de véritables intendants du crédit nobiliaire et militaire. Ils participent en outre à la formalisation d'un code juridique de l'honneur par le tribunal. Au départ impératif moral et social, l'honneur devient un principe juridique. Fort de celui-ci, le Tribunal du point d'honeur apparaît dans cette étude comme un agent régulateur du comportement des nobles et militaires mais aussi d'une forme de crédit qui leur était réservée. Seuls aptes à prouver une promesse de remboursement, les billets d'honneur sont les supports d'un régime privilégié de crédit régulé par le Tribunal des maréchaux et n'ayant cours qu'entre ses justiciables. Cette forme originale d'engagement ne reposant que sur l'honneur fut attaquée par les juristes et parlementaires. Les querelles institutionnelles qui ont eu lieu sont alors à comprendre et étudier au sein d'une vaste querelle de l'honneur et de l'intérêt caractéristique d'une "seconde modernité de l'honneur", du milieu XVIIe à la fin du XVIIIe siècle.
Paul Hay du Chastelet (1592-1636) ou la quotidienneté du pouvoir
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse traite de l'ascension, de la pratique et des écrits politiques de Paul Hay du Chastelet, 1592-1636, conseiller et agent du Cardinal de Richelieu. Prenant la forme d'une biographie, ce travail ambitionne à retrouver la logique d'un personnage mal connu par l'historiographie et pourtant lié à plusieurs épisodes importants du ministériat. Si l'enjeu biographique donne une logique à l'ensemble, il n'est pas une fin en soi. Bien plus, c'est une certaine pratique du politique, un certain positionnement face aux pouvoirs ni vraiment dominé ni vraiment dominant que l'on trouve. C'est la place d'un personnage de l'intermédiaire que l'on recherche d'où cette présence dans le titre du terme du quotidienneté. Parce que Paul participe à l'action du ministériat comme à l'écriture de sa légende, ce travail ambitionne à analyser cette construction idéelle et matérielle qu'est l'action politique.
Langues parlées et liturgie des Israélites d’Aquitaine
Thèse non numérisée. Résumé : La présente thèse se penche pour la première fois sur l'histoire linguistique des Israëlites dits "de rite portugais" du Sud-Ouest de la France Après avoir adopté la langue gasconne, ce groupe s'est forgé, en corrélat à son particularisme confessionnel, une identité linguistique spéciale en empruntat force mots hébreux, espagnols et d'autres langues, véhiculés notamment par la liturgie synagogale sur laquelle reposait la cohésion du groupe. Cette variété de gascon propre aux Israëlites dans laquelle survivent de reares textes jusqu'alors inédits a cédé au cours du XIXe siècle à un parler français toujours vivant, riche de plus de 850 particularismes, dont on dresse ici un inventaire lexicographique et lexicologique en rapportant les relevés anciens aux fruits d'une enquête de terrain commencée en 2014 auprès des derniers locuteurs. Cette tentative d'analyse linguistique et sociolonguistique d'un groupe langagier sur le long terme de sin est complétée apr une étude de sa liturgie propre à travers l'édition commentée d'un des seuls textes écrits dans la variété de français étudiée : un manuscrit bordelais découvert en 2016 et consistant en une somme du savoir liturgique des Israëlites bordelais.
Fernán González, comte de Castille devenu héros (Xe siècle – XVe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : La présente thèse a pour objet l'étude de la postérité médiévale, histotiographique, littéraire et légendaire de Fernan Gonzalez, comte de Castille de 931 à 970. Ce dernier, de son vivant vassal des rois de Leon, inspira quelques décennies après sa mort plusieurs légendes, progressivement constituées en chansons de geste restées orales avant d'être intégrées dans des productions écrites à partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Sa mémoire est intrinsèquement liée à l'abbaye bénédictine de San Pedro de Arlanza, où il était enterré. C'est là que vers 1250 est composé le jalon essentiel de la cristallisation de la légende gonzalienne : le Poema de Fernan Gonzalez. S'inspirant de plusieurs récits oraux, son auteur anonyme raconte les origines de la Castille. Le Comte y occupe la première place puisqu'entre autres péripéties romanesques il y est présenté mythique indépendante du royaume de Leon. La matière du poème acquiert une grande diffusion grâce aux mises en prose qu'en font l'Estoria de Espana, vers 1270, et la Cronica de 1344, cette dernière puisant toutefois à d'autres traditions orales. Toutes les productions écrites des XIVe et XVe siècles, chroniques imprimées comprises, sont héritières de l'une de ces deux chroniques, le Poema étant tombé, quant à lui, dans l'oubli. A côté des témoignages écrits, notre étude accorde une place toute particulière à la reconstitution des légendes et des poèmes oraux, aujourd'hui perdus, indispensable pour comprendre comment Fernan Gonzalez, simple comte, est devenu, en trois siècles à peine, aux côtés du Cid, l'un des grands héros de l'histoire de la Castille.
Le prisme de l’écrit. Vie et Indes de Jacques de Saint Pardoux (1753-1814)
Thèse non numérisée. Résumé : Jacques de Saint Pardoux, 1753-1814, issu d'une famille languedocienne, traverse le second XVIIIe siècle et la Révolution comme officier d'artillerie, puis se retire sur ses terres à la fin de sa vie sous le Directoire. Une vie de voyages et de campagnes, dont il a rédigé pour partie le récit, et qui a dormi deux cents ans dans le fonds d'archives du château de Pennautier, sur laquelle est pour la première fois jeté un regard global. S'appuyant sur un corpus important et varié d'écrits personnels, cette étude s'attache à reconstituer le parcours de cet enfant des Lumières, qui grandit et connaît une première vie sous l'Ancien Régime avant de traverser la Révolution au cours de laquelle il choisit de servir son pays plutôt qu'un régime particulier. L'étude biographique de ce personnage se double d'une approche analytique de ses écrits personnels, qui renseignent son parcours mais aussi l'évolution et les caractéristiques de son rapport personnel à l'écrit et à ses découvertes, qu'elles soient liées à son service- campagne en Inde, missions en Hollande ou en Angleterre, captivité en Europe centrale- , ou à des voyages personnels en France ou en Italie. Ces découvertes de pays parfois radicalement nouveaux ont contribué à la formation d'un esprit particulièrement ouvert et cosmopolite chez cet homme dont la passion pour l'artillerie se double d'un vif intérêt pour la politique et les institutions, les sciences humaines ou naturelles, pour la cartographie et le dessin ou encore pour les jardins et l'architecture. Toutes ces matières ayant, à des degrés divers, donné lieu au développement de réflexions et à la projection d'ouvrages, l'étude s'attache à valoriser la diversité de ces documents et à les mettre en regard avec l'époque considérée et avec le parcours de leur auteur.
Regards vers le mur. Les « Graffiti » de Brassaï des années 1930 à 2016
Thèse non numérisée. Résumé : "Graffiti" est une série fondamentale de l'oeuvre photographique de Brassaï. Composée de près de 800 photographies de quelques 600 graffiti, elle occupe l'esprit et l'objectif de Brassaï entre les années 1930 et 1960 et apparaît comme un manifeste photographique et théorique des convictions artistiques de leur auteur. A la suite des pionniers qui avient reconnu aux graffiti une valeur documentaire ou stylistique, les photographies de Brassaï participent à leur forger une nouvelle image. Le caractère systématique, la qualité esthétique et la large diffusion de ces photographies redéfinissent le graffiti et influencent durablement la vision institutionnelle et publique de cette forme d'expression urbaine, populaire et murale. De plus, cette série s'inscrit dans des contextes artistiques et intellectuels très différents entre les années 1930 et les années 1980. Les problématiques soulevées par Brassaï à propos de ses photographies et des graffiti rejoignent des préoccupations essentielles de l'art de sont temps sur la photographie, sur le primitivisme et sur la valeur plastique du mur. Les rapports qu'il reconnaît entre ce qu'il photographie et les oeuvres de ceratins grands artistes de son siècle comme Pablo Picasso offrent une perspective renouvelée sur l'art du XXe siècle. Enfin, au-delà de l'aspect littéraire et théorique de la série, le catalogue des "Graffiti" révèle sa richesse et sa diversité. Il permet aussi d'apprécier le travail de sélection opéré par Brassaï à partir de la matière brute que lui fournissent les murs, notamment au cours d'expositions qui sont des temps forts de la construction théorique et visuelle de cette oeuvre.
Les bénédictins et la société féodale. L’exemple du monastère de Neuwiller-lès-Saverne (VIIIe - XVe siècles)
Thèse non numérisée. Résumé : Fondée au début du VIIIe siècle et sécularisée en 1497, l'abbaye de Neuwiller-lès-Saverne a joué un rôle majeur dans la vie sociale et économique de la campagne l'entourant. La présente étude cherche à en déterminer la place réelle aux différentes périodes de son existence. Les débuts de la présence des moines de Neuwiller-lès-Saverne sont peu connus. L'abbaye aurait été mise en place par saint Pirmin. Vers 846, la translation depuis Metz des reliques de saint Adelphe donne une nouvelle impulsion à la communauté. Au cours du Xe siècle, le monastère est touché par le mouvement de réforme venu de Gorze. Au XIIe et XIIIe siècles, l'aisance financière de la communauté lui permet d'édifier un ensemble conventuel qui a subsisté jusqu'à nos jours en grande partie. A partir de la seconde moitié du XIVe siècle, les grandes difficultés économiques que connaît le monastère le pousse à rechercher la voie originale de la sécularisation.
Présences noires à Bordeaux : passage et intégration des gens de couleur à la fin du XVIIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Bordeaux est une ville ouverte sur le monde au siècle des Lumières : ses relations avec les colonies françaises engendrent de multiples circulations auxquelles les gens de couleur prennent pleinement part à la fin du XVIIIe siècle. On estime ainsi que plus 2,500 Non-Blancs passent par ce port entre 1763 et 1792 : si une grande majorité d'entre eux sont des esclaves qui accompagnent leur maître en métropole, les libres de couleur ne sont pas en reste et multiplient les voyages à Bordeaux pour des raisons variées. Bordeaux n'a cependant pas été qu'une ville de passage : plusieurs afro-descendants y résident pendant des années,au gré de circonstances diverses. Les noirs représentent ainsi une part visible de la domesticité bordelaise : posséder un domestique noir est en effet une marque de prestige et les serviteurs de couleur, souvent esclaves, sont largement employés dans les grandes maisons. Les gens de couleur participent également au dynamisme économique de la ville : une minorité d'entre eux exerce en effet des métiers d'artisanat, profitant d'un cadre corporatif assez souple à Bordeaux qui permet l'apprentissage puis la pratique d'un métier sans trop de contraintes. Ces métiers, exercés par des libres et des esclaves dans des proportions différentes, ne constituent pas une ligne de fracture et les libres de couleur se distinguent moins par leur profession que par leur capacité à être autonomes en se mariant, en se constituant un patrimoine et en montant des réseaux de solidarité. Cette présence noire se poursuit au-delà de la Révolution : loin d'être en épiphénomène, l'établissement, voire l'intégration, des minorités noires à Bordeaux est bien réel à la fin du XVIIIe siècle.
Les chansons, les jeux-partis et la poésie didactique de Ramon de Cornet. Édition critique
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse présente l'édition critique de 34 compositions de Ramon de Cornet, le poète occitan le plus impotant du XIVe siècle. L'édition est précédée d'une étude sur la figure de cet auteur, qui constitue la première partie, où sont présentés une reconstruction biographique, une construction de son personnage littéraire et son réseau de circulation. La deuxième partie comprend une étude sur sa tradition manuscrite, qui inclut une recensio complète avec des descriptions inédites sur certains témoins et une analyse de l'ensemble de la tradition, dont les conclusions vont au-delà de l'"tude de Cornet. La troisième partie est consacrée à l'édition et est divisée en trois sections : les chansons, les jeux-partis (tensos et partimens) et la poésie didactique (épîtres, proverbes ou pièces sapentielles, pièces de comput liturgique); il y a en plus une quatrième section en annexe contenant trois sirventes, une glose et un vers ensengamen. Les blocs des genres édités sont introduits par de brefs commentaires sur l'oeuvre de l'auteur, qui s'inscrivent dans le cadre du contexte culturel de l'époque, et par une succincte caractérisation de la poétique occitane de la première moitié du XIVe siècle. Enfin, un appendice musical sur CD reproduit quatre pièces de Cornet qui sont mises en musique spécialement pour l'occasion, à partir de la mélodie conservée de leur modèle.
« Aux plumes d’or ». Les maîtres écrivains à Paris, calligraphes au XVIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : La communauté des maîtres écrivains jurés de Paris est créée par lettres patentes du roi en 1570. Placée sous la juridiction du Châtelet de Paris, elle a le monopole de la tenue des classes publiques d'écriture et de la vérification des écritures et signatures contestées en justice dans tous les tribunaux et cours de justice du royaume de France. Les maîtres écrivains sont chargés d'enseigner et de promouvoir l'écriture à la française, qui est fixée par deux alphabets réalisés par la corporation lors de la réforme de l'écriture de 1633, ordonnée par le parlement de Paris. Le XVIIe siècle est le siècle d'or des maîtres écrivains, qui publient un grand nombre de manuels de calligraphie. Tous ne connaissent pas le même succès ni la même fortune, notamment en raison de leur milieu familial et social. Considérés comme des artisans à cause du statut de la communauté, ils tentent néanmoins de s'extraire de cette condition par les stratégies matrimoniales qu'ils mettent en place ou les signatures qu'ils réalisent.