62836 documents
Pour une paléographie des inscriptions : enjeux et limites. Le corpus des inscriptions lapidaires financées par des sénateurs à Rome entre le iIIe et le Ve siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Centré sur les inscriptions tardo-antiques à Rome, ce travail se propose d'étudier la paléographie des inscriptions dédiées par les sénateurs tant dans le domaine public que privé. Il s'agit d'une recherche qui vise à définir l'évolution dans le temps des caractères alphabétiques mais aussi des modalités de mises en forme, avec une interrogation sous-jacente : dans quelle mesure y a-t-il un lien entre le statut social du commanditaire et le niveau de réalisation de l'inscription, un type d'écriture est-il privilégié ou un agencement particulier ? Quelles modifications subissent ces systèmes ? Nous avons circonscrit notre étude sociologiquement, choronologiquement et spatialement afin d'étudier les tituli à travers le prisme de leur destination sociale et architecturale (travaux publics, funéraires, honorifiques, actes). La graphie (établissement de tableaux alphabétiques, lettre à lettre), la mise en page (agencement, abréviations, interponction, coupures de mots), mais aussi le support (ordinatio, gravure, remploi) constituent les trois piliers de cette étude, et nous permettent, au-delà d'un tableau descriptif, de nous interroger sur les pratiques de l'écriture lapidaire entre le IIIe et le Ve siècle.
Violoncelle et violoncellistes dans les orchestres parisiens et versaillais de la seconde moitié du XVIIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse s'emploie à étudier quel a pu être la place du violoncelle, tant du point de vue institutionnel que musical, dans les orchestres parisiens et versaillais de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les particularités en terme d'effectifs et de disposition sont mises en valeur pour tenter de saisir l'influence que celles-ci ont pu avoir sur l'écriture des compositeurs de la période. Les symphonies de François-Joseph Gossec ont plus particulièrement attiré notre attention dans le cadre d'une étude comparée avec celles de Joseph Haydn. Cette étude permet de saisir les différences d'écriture concernant la partie de basse, et en particulier la partie de violoncelle. Les musiciens présents derrière les violoncelles sont également mis en lumière. Il paraissait essentiel de donner des noms et des visages aux violoncellistes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, trop souvent restés en retrait dans l'historiographie du fait de la place très importante prise par les violonistes. Les Archives des Menus-Plaisirs du Roi se sont avérées particulièrement précieuses pour mieux cerner cette question. On voit que ces instrumentistes s'intègrent parfaitement dans le processus de professionnalisation apparu au début de l'époque moderne et participent, pour certains d'entre eux, à la naissance du vedettariat.
L'abbaye bénédictine de Saint-Alyre, entre autorités épiscopale et monastiques (XIIe-XVIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Saint-Alyre, abbaye voisine de la cité épiscopale de Clermont, en Auvergne, reste longtemps un monastère autonome, qui n'appartient à aucune congrégation. Les Bénédictins qui y vivent se trouvent avant tout sous l'autorité de leur abbé, mais une autorité épiscopale s'exerce aussi sur l'abbaye, qui ne bénéficie d'aucune exemption, au temps où les congrégations monastiques prennent leur essor. Le monastère, entouré d'un bourg aux portes de Clermont, fait parfois figure de concurrent pour la seigneurie épiscopale toute proche, qui contrôle la ville et ses environs. L'échappatoire recherchée par certains abbés, dès lors que les relations avec l'évêque s'assombrissent, est de faire appel à d'autres autorités. C'est ainsi que Saint-Alyre se trouve au centre d'un jeu complexe de pouvoirs, entre conflits clermontois et représentants de l'abbaye haut placés auprès du pape ou du roi. L'abbaye entre successivement dans plusieurs congrégations monastiques, au gré des circonstances et de ses intérêts. Seule la congrégation bénédictine de Chezal-Benoît, qui ajoute aux institutions communes un projet réformateur, parvient à accueillir durablement Saint-Alyre à partir du début du XVIe siècle.
Mise en perspective de la carrière d’un aide de camp sous le Consulat et le Premier Empire. Le cas de Charles de Flahaut de La Billarderie (1785-1815)
Thèse non numérisée. Résumé : Fils illégitime de Talleyrand, amant de la reine Hortense et père du duc de Morny, Charles de Flahaut est un personnage historique polymorphe souvent laissé dans l'ombre de ses contemporains. Son rôle sous le Consulat et le Premier Empire ne saurait se résumer a celui d'un second couteau. Né en 1785, à l'agonie de l'Ancien Régime, il parvient en une trentaine d'années à s'élever dans la hiérarchie militaire, au point de faire partie du proche entourage de Napoléon en 1815, au moment ou s'effondre véritablement l'édifice impérial. À cette époque, il est connu comme un aide de camp, un officier attaché à la personne d'un général, d'un maréchal ou d'un souverain, destiné à remplir un vaste éventail de missions, allant de la transmission d'ordres verbaux ou écrits à la reconnaissance du terrain, en passant par la participation à des négociations. Au-delà des affaires de cœur, des esclandres liées à sa naissance ou à celle de son fils, Flahaut se définit surtout par son statut, qui lui permet tout à la fois de se montrer à la hauteur du souvenir de son père légitime, Charles-Francois, guillotiné sous la Révolution, et de s'émanciper graduellement de sa mère, Adélaïde. Ce qui constitue l'essence de cet homme, c'est sa carrière en tant qu'officier, depuis son engagement à quinze ans jusqu'à son entrée dans la Maison militaire de l'Empereur, une nomination qui constitue l'apogée de son parcours dans l'armée. L'homme étant indissociable de la fonction, il semble légitime de proposer une biographie à perspective militaire qui éclaire ces trente années décisives dans l'existence de Flahaut.
« Utile, si je puis ». Les ouvrages d’éducation de Pierre Blanchard (1809-1832)
Thèse non numérisée
Le savoir s’asseoir Roche-Bobois. De la conception à la réception (1960-fin des années 1980)
Thèse non numérisée. Résumé : Ce travail s’attache à montrer la genèse et la mise en place d’une idée du siège, du savoir s’asseoir et du confort propre à Roche-Bobois, sa concrétisation, de la conception à la réception par le client, et sa représentation pour un public qui dépasse la clientèle. Etudier les savoirs s’asseoir, les sièges qui les matérialisent par des formes et des matériaux, et les diverses conceptions du confort correspondantes permet de lire l’évolution des sociétés et des groupes qui les composent. Roche-Bobois se prête particulièrement bien à un tel travail puisque les sièges constituent la part la plus importante de l’offre de l’enseigne, constamment renouvelée et surtout élargie, donc toujours en adéquation avec les demandes de la clientèle, et puisque les mises en scène et en ambiance de ces sièges permettent une lecture précise des styles de vie et de leurs évolutions. De multiples acteurs se rejoignent pour réaliser cette idée commune élaborée par les dirigeants qui sont présents à toutes les étapes de la chaîne du siège, des créateurs aux fabricants, des franchisés formant le réseau de l’enseigne aux photographes chargés d’élaborer des visuels qui diffusent une image de marque cohérente et aux vendeurs qui interagissent avec le client. Réceptacle de toutes ces attentions, le siège devient un signe mais aussi un objet-plus investi d’une aura proche de celle d’une œuvre d’art. Cette idée transparaît dans sa représentation par Roche-Bobois, notamment dans les documents commerciaux, liée aux sphères artistiques et marquée par le parti d’une mise en scène théâtrale, mais aussi dans sa représentation par des acteurs extérieurs, principalement les institutions culturelles.
De la scène judiciaire aux coulisses de la vie intime : gens de justice et écrits du for privé (1760-1830)
À la fin du XVIIIe siècle, les gens de justice forment un groupe socio-professionnel bien organisé, doté de structures encadrant leur vie commune et favorisant le développement d’une identité collective. Ce groupe évolue sensiblement quand survient la Révolution française et que s’installe un nouvel ordre judiciaire. Qu’ils soient avocats, procureurs ou juges, dans le cadre des affaires qu’ils ont à traiter, ces derniers doivent tous les jours prendre la plume. Néanmoins, en dehors de cette pratique d’écriture professionnelle, certains d’entre eux décident également d’écrire, une fois le travail terminé, dans la sphère privée, pour parler de leur vie personnelle et de leur entourage ou pour faire le récit des évènements remarquables auxquels ils ont assisté. L’objet de la présente étude est, d’abord, l’analyse des raisons qui incitent ces professionnels du droit à écrire dans leur intimité ; ensuite, la recherche d’une spécificité de ce type d’écriture, en comparaison avec le reste de leurs productions écrites. Celle-ci repose notamment sur l’identité culturelle et sociale des rédacteurs. L’exploitation, enfin, de ce type de sources, permet de tirer des conclusions sur les personnes à l’origine de ces écrits, et notamment sur leurs opinions politiques, majoritairement teintées de conservatisme.
« Le Prix de la Gloire ». Création et commande artistiques autour d’une église à la Renaissance : Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors de 1515 à 1629
Thèse non numérisée. Résumé : A la Renaissance, Gisors, capitale du Vexin normand, était une ville prospère, qui concentrait un grand nombre d’officiers enrichis et de nobles. Du fait qu’elle était la seule église paroissiale de la ville, l’église Saint-Gervais-Saint-Protais concentrait toutes les générosités des riches donateurs. Le chantier et les aménagements de l’église étaient structurés par la fabrique et les confréries, particulièrement nombreuses à Gisors. De la fin du XVe siècle à la moitié XVIe siècle environ, l’église de Gisors fut intégralement reconstruite dans un style flamboyant. Au cours de cette reconstruction, des motifs renaissants furent peu à peu introduits. A partir de 1550 environ, les ordres à l’antique, puis les motifs bellifontains deviennent un vocabulaire courant pour les architectes de l’église. Une tour, le frontispice occidental et un jubé furent édifiés au cours de cette période. Ce chantier et les commandes artistiques qu’il impliquait d’un milieu artistique particulièrement dynamique, aussi bien dans le domaine de la sculpture, intimement lié à l’architecture, que dans ceux de la peinture ou de la peinture sur verre. Le milieu artistique de Gisors, à la croisée des chemins, bénéficia autant de l’influence d’autres foyers artistiques qu’il ne propagea un style développé et muri dans la ville. Si nous trouvons à Gisors des œuvres fabriquées par des artistes étrangers à la ville, les artistes de Gisors ont également essaimé dans d’autres lieux.
Jean Claude Gandur, portrait d’un collectionneur semi-public
Thèse non numérisée
Approvisionnement et consommation alimentaires à Toulouse de 1600 à 1715. Regard sur l’histoire alimentaire de la ville au travers de ses documents fiscaux et comptables
Thèse non numérisée
Fonder pour la gloire. Les collégiales séculières de Haute-Bretagne (XIIIe-début du XVIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Entre le XIIIe et le début du XVIe siècle, la frange orientale de la Bretagne se dote de collégiales, églises desservies par des chanoines séculiers réunis en chapitre. Après avoir déterminé les établissements qui entrent dans cette définition, l’étude se propose de les replacer dans leur contexte socio-économique, religieux et politique en précisant tout d’abord leur fonctionnement institutionnel, à partir des actes de fondation et des statuts capitulaires. Les raisons qui motivent la fondation d’une collégiale séculière ne sont pas les mêmes entre le xiiie siècle, où elle affirme la puissance d’un pouvoir laïc sur ses terres, et les deux derniers siècles du Moyen Âge où elle résulte du choix des princes et puissants serviteurs du duché breton. Les fondateurs sont essentiellement laïcs mais les ecclésiastiques ne sont pas absents, notamment dans la ville de Nantes où fonder une collégiale apparaît comme un instrument de gouvernement du diocèse. Reflet de la renommée de leurs fondateurs, les chapitres séculiers sont aussi chargés de la commémoration de leur souvenir et accueillent les donations d’autres fidèles, attirés par le lustre d’établissements richement dotés, qui contribue à l’essor d’un clergé bicéphale dévoué à la célébration de la mémoire. La vocation liturgique des chapitres séculiers n’empêche pas à certains de ses membres de mener une vie profane, consacrée au service du seigneur fondateur, aristocrate des Marches ou duc de Bretagne : institutions flexibles et dépendantes des individus qui les dotent, les collégiales séculières sont un miroir fidèle du rapport des hommes de la fin du Moyen Âge à leur propre salut et des relations entre Église et laïcs.
Lettres de Philippine-Charlotte de Prusse, duchesse douairière de Brunswick, à la princesse Louise de Montmorency (1798-1801). Édition critique et commentaire
Thèse non numérisée. Résumé : La duchesse douairière de Brunswick, Philippine-Charlotte de Prusse, et la princesse française Louise de Montmorency ont échangé de nombreuses lettres pendant trois des dernières années de la Révolution française (1798-1801). Leur intimité se dévoile à travers 365 lettres de Philippine-Charlotte à Louise, conservées aux Archives nationales de France. Cette thèse s'est attachée à les éditer, en demeurant la plus fidèle possible à leur élaboration et à leur matérialité invisible, et en les accompagnant d'explications sur le contexte d'écriture. Le commentaire qui suit s'efforce de mettre en lumière leurs points remarquables. La focalisation sur l'épistolarité révèle les dessous de la pratique épistolaire des élites du XVIIIe siècle dans l'appropriation singulière des principes d'une correspondance, ainsi que le rapport à la bienséance qui lui est associée, entre respect et affranchissement. Le deuxième axe se concentre sur l'impact de la vieillesse et la portée du regard vieillissant sur l'amitié, la santé et la relation aux autres par le biais des réseaux. Enfin, le dernier point explore la réalité des transferts culturels dans le sens France-Allemagne au sein de la relation épistolaire, comme le prouvent les activités et divertissements évoqués, les habitudes alimentaires et l'usage de la langue française par la Duchesse-mère. Mais il déplore l'absence des apports allemands à la culture française. Finalement, cet écrit du for privé se fait le miroir de l'histoire et des bouleversements du XVIIIe siècle à l'aube du siècle suivant, tout en donnant un léger aperçu des mutations en gestation.
L'église abbatiale cistercienne Notre-Dame d’Acey. Étude historique, architecturale et archéologique
Thèse non numérisée
Des « ouvriers infidèles » et un commerce « odieux ». Appropriations et contrebande des laines dans la draperie rémoise (1730-1860)
Thèse non numérisée. Résumé : La manufacture textile de Reims est, entre les années 1730 et les années 1860, le cadre de conflits récurrents entre les acteurs de la fabrique -fabricants, ouvriers ou encore administrateurs- au sujet des vols et de la contrebande des laines destinées au travail de la draperie. Cette thèse s'attache à mieux connaître ces tensions à travers l'étude des documents produits par les justices et les amisnistrations rémoises. Ces délits forment une catégorie particulière : ils s'enracinent en effet dans les modalités du travail dispersé, dans les boutiques, les ateliers et les chaumières; dasn des coutumes d'appropriation; ainsi que dans les modes de circulation des matières premières. Ils expriment le caractère ambigu de la propriété de matières premières qui circulent de mains en mais au cours de l'élaboration des produits et, surtout, le peu de contrôle des donneurs d'ouvrage sur le travail effectué par les ouvraiers. La pratique des appropriations de laine, et la contrebande qu'elle génère, sont ainsi le propre du mode d'organisation du travail qui se développe dès le début du XVIIIe siècle et dessinent une contradiction de l'organisation marchande de la production. Mais ces tensions sont aussi partie prenantes des transformations qui mènent, vers le milieu du XIXe siècle, à une prise de contrôle du procès de travail par le capital et, donc, à une mutation essentielle d'un capitalisme qui de marchand devient industriel. Ces transformations accentuées par la rupture institutionnelle que représente la Révolution française, s'expriment tant sur le plan du contrôle direct du travail par les manufacturiers que sur celui des institutions encadrantes, c'es-à-dire à l'échelle de la manufacture.
Au générique des années noires… Les vedettes de cinéma en France pendant l’occupation (1940-1944)
Thèse non numérisée. Résumé : Alors que le cinéma français est profondément bouleversé à la suite de la défaite de juin 1940, les vedettes évoluent dans un contexte social, économique, culturel et politique jusqu'alors inédit. La traditionnelle rivalité avec les stars hollywoodiennes est interrompue par la censure et laisse aux vedettes nationales la possibilité d'investir la majorité des représentations cinématographiques dans les médias pendant quatre années. Ce travail propose ainsi un parcours dans le cinéma en France pendant l'Occupation par l'étude du vedettariat, en abordant ce phénomène comme un système relevant de l'ensemble de la chaîne constitutive du cinéma, de la productioon à la réception, des acteurs économiques et artistiques au public. L'examen de sources nombreuses (allant des archives des institutions corporatives mises en place patr le gouvernement de Vichy, aux fonds privés de société et d'interprètes, en, passant par l'étude approfondie de la presse illustrée, d'ouvrages imprimés, des films et de leur matériel publicitaire) permet d'en dessiner les contours et de faire apparaître les figures les plus marquantes du cinéma de l'Occupation, tels que Danielle Darrieux, Edwige Feuillère, Fernandel ou Viviane Romance. L'analyse, au prisme de l'histoire culturelle et de l'histoire des médias, se fonde aussi sur les conceptions et les instrumentalisations politiques et idéologiques des vedettes de cinéma. Cela nous amène notamment à renouveler les perspectives concernant le voyage de propagande des artistes français en Allemagne de 1942, ainsi que la place de la société franco-allemande Continental dans l'industrie du film en France de 1940 à 1944.
Fenêtre sur Tour. Le Tour de France et l’image de la société française, des actualités cinématographiques aux débuts de la télévision (1947-1968)
Thèse non numérisée. Résumé : Le Tour de France cycliste est un évènement complexe qui franchit très tôt les frontières de la compétition sportive pour devenir un véritable phénomène de société : le Tour renvoie une certaine image de la France. Si le rôle prépondérant de la télévisiosn dans l'établissement de ces représentations est unanimement reconnu, c'est pourtant dans les salles de cinéma que s'est effectuée la première rencontre entre le public et le Tour de France "animé". L'étude inédite des journaux d'actualités cinématographiques constitue le centre de gravité de notre analyse, en comparaison avec les débuts du reportage télévisé, durant une période considérée comme l'age d'or de la Grande Boucle. Tout comme Alfred Hitchcok, réalisateur de Fenêtre sur cour, ne laisse aucune place au hasard lorsque chaque signe anodin -un chignon, un parterre de fleurs, un briquet ou un verre de lait- acquiert une importance narrative capitale, cette Fenêtre sur Tour démontre le sens des détails dans le récit du Tour de France. L'anecdotique se change en essentiel : le combatif Jean Robic et son "casque légendaire" sont le symbole de la hargne du peuple breton; un échantillon de dentifrice lancé par la caravane publicitaire se mue en trésor inestimable; la présence du Président de la République au bord de la route devient un fait "historique" et marque davantage les esprits que la plus cruciale de ses visites diplomatiques. Du grand écran à la petite lucarne, l'analyse de la portée symbolique de ces élements apporte un regard nouveau sur les représentations de la société française de l'après-guerre à 1968.
« Aux plumes d’or ». Les maîtres écrivains à Paris, calligraphes au XVIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : La communauté des maîtres écrivains jurés de Paris est créée par lettres patentes du roi en 1570. Placée sous la juridiction du Châtelet de Paris, elle a le monopole de la tenue des classes publiques d'écriture et de la vérification des écritures et signatures contestées en justice dans tous les tribunaux et cours de justice du royaume de France. Les maîtres écrivains sont chargés d'enseigner et de promouvoir l'écriture à la française, qui est fixée par deux alphabets réalisés par la corporation lors de la réforme de l'écriture de 1633, ordonnée par le parlement de Paris. Le XVIIe siècle est le siècle d'or des maîtres écrivains, qui publient un grand nombre de manuels de calligraphie. Tous ne connaissent pas le même succès ni la même fortune, notamment en raison de leur milieu familial et social. Considérés comme des artisans à cause du statut de la communauté, ils tentent néanmoins de s'extraire de cette condition par les stratégies matrimoniales qu'ils mettent en place ou les signatures qu'ils réalisent.
Les chansons, les jeux-partis et la poésie didactique de Ramon de Cornet. Édition critique
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse présente l'édition critique de 34 compositions de Ramon de Cornet, le poète occitan le plus impotant du XIVe siècle. L'édition est précédée d'une étude sur la figure de cet auteur, qui constitue la première partie, où sont présentés une reconstruction biographique, une construction de son personnage littéraire et son réseau de circulation. La deuxième partie comprend une étude sur sa tradition manuscrite, qui inclut une recensio complète avec des descriptions inédites sur certains témoins et une analyse de l'ensemble de la tradition, dont les conclusions vont au-delà de l'"tude de Cornet. La troisième partie est consacrée à l'édition et est divisée en trois sections : les chansons, les jeux-partis (tensos et partimens) et la poésie didactique (épîtres, proverbes ou pièces sapentielles, pièces de comput liturgique); il y a en plus une quatrième section en annexe contenant trois sirventes, une glose et un vers ensengamen. Les blocs des genres édités sont introduits par de brefs commentaires sur l'oeuvre de l'auteur, qui s'inscrivent dans le cadre du contexte culturel de l'époque, et par une succincte caractérisation de la poétique occitane de la première moitié du XIVe siècle. Enfin, un appendice musical sur CD reproduit quatre pièces de Cornet qui sont mises en musique spécialement pour l'occasion, à partir de la mélodie conservée de leur modèle.
Présences noires à Bordeaux : passage et intégration des gens de couleur à la fin du XVIIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Bordeaux est une ville ouverte sur le monde au siècle des Lumières : ses relations avec les colonies françaises engendrent de multiples circulations auxquelles les gens de couleur prennent pleinement part à la fin du XVIIIe siècle. On estime ainsi que plus 2,500 Non-Blancs passent par ce port entre 1763 et 1792 : si une grande majorité d'entre eux sont des esclaves qui accompagnent leur maître en métropole, les libres de couleur ne sont pas en reste et multiplient les voyages à Bordeaux pour des raisons variées. Bordeaux n'a cependant pas été qu'une ville de passage : plusieurs afro-descendants y résident pendant des années,au gré de circonstances diverses. Les noirs représentent ainsi une part visible de la domesticité bordelaise : posséder un domestique noir est en effet une marque de prestige et les serviteurs de couleur, souvent esclaves, sont largement employés dans les grandes maisons. Les gens de couleur participent également au dynamisme économique de la ville : une minorité d'entre eux exerce en effet des métiers d'artisanat, profitant d'un cadre corporatif assez souple à Bordeaux qui permet l'apprentissage puis la pratique d'un métier sans trop de contraintes. Ces métiers, exercés par des libres et des esclaves dans des proportions différentes, ne constituent pas une ligne de fracture et les libres de couleur se distinguent moins par leur profession que par leur capacité à être autonomes en se mariant, en se constituant un patrimoine et en montant des réseaux de solidarité. Cette présence noire se poursuit au-delà de la Révolution : loin d'être en épiphénomène, l'établissement, voire l'intégration, des minorités noires à Bordeaux est bien réel à la fin du XVIIIe siècle.
Les bénédictins et la société féodale. L’exemple du monastère de Neuwiller-lès-Saverne (VIIIe - XVe siècles)
Thèse non numérisée. Résumé : Fondée au début du VIIIe siècle et sécularisée en 1497, l'abbaye de Neuwiller-lès-Saverne a joué un rôle majeur dans la vie sociale et économique de la campagne l'entourant. La présente étude cherche à en déterminer la place réelle aux différentes périodes de son existence. Les débuts de la présence des moines de Neuwiller-lès-Saverne sont peu connus. L'abbaye aurait été mise en place par saint Pirmin. Vers 846, la translation depuis Metz des reliques de saint Adelphe donne une nouvelle impulsion à la communauté. Au cours du Xe siècle, le monastère est touché par le mouvement de réforme venu de Gorze. Au XIIe et XIIIe siècles, l'aisance financière de la communauté lui permet d'édifier un ensemble conventuel qui a subsisté jusqu'à nos jours en grande partie. A partir de la seconde moitié du XIVe siècle, les grandes difficultés économiques que connaît le monastère le pousse à rechercher la voie originale de la sécularisation.
Regards vers le mur. Les « Graffiti » de Brassaï des années 1930 à 2016
Thèse non numérisée. Résumé : "Graffiti" est une série fondamentale de l'oeuvre photographique de Brassaï. Composée de près de 800 photographies de quelques 600 graffiti, elle occupe l'esprit et l'objectif de Brassaï entre les années 1930 et 1960 et apparaît comme un manifeste photographique et théorique des convictions artistiques de leur auteur. A la suite des pionniers qui avient reconnu aux graffiti une valeur documentaire ou stylistique, les photographies de Brassaï participent à leur forger une nouvelle image. Le caractère systématique, la qualité esthétique et la large diffusion de ces photographies redéfinissent le graffiti et influencent durablement la vision institutionnelle et publique de cette forme d'expression urbaine, populaire et murale. De plus, cette série s'inscrit dans des contextes artistiques et intellectuels très différents entre les années 1930 et les années 1980. Les problématiques soulevées par Brassaï à propos de ses photographies et des graffiti rejoignent des préoccupations essentielles de l'art de sont temps sur la photographie, sur le primitivisme et sur la valeur plastique du mur. Les rapports qu'il reconnaît entre ce qu'il photographie et les oeuvres de ceratins grands artistes de son siècle comme Pablo Picasso offrent une perspective renouvelée sur l'art du XXe siècle. Enfin, au-delà de l'aspect littéraire et théorique de la série, le catalogue des "Graffiti" révèle sa richesse et sa diversité. Il permet aussi d'apprécier le travail de sélection opéré par Brassaï à partir de la matière brute que lui fournissent les murs, notamment au cours d'expositions qui sont des temps forts de la construction théorique et visuelle de cette oeuvre.
Le prisme de l’écrit. Vie et Indes de Jacques de Saint Pardoux (1753-1814)
Thèse non numérisée. Résumé : Jacques de Saint Pardoux, 1753-1814, issu d'une famille languedocienne, traverse le second XVIIIe siècle et la Révolution comme officier d'artillerie, puis se retire sur ses terres à la fin de sa vie sous le Directoire. Une vie de voyages et de campagnes, dont il a rédigé pour partie le récit, et qui a dormi deux cents ans dans le fonds d'archives du château de Pennautier, sur laquelle est pour la première fois jeté un regard global. S'appuyant sur un corpus important et varié d'écrits personnels, cette étude s'attache à reconstituer le parcours de cet enfant des Lumières, qui grandit et connaît une première vie sous l'Ancien Régime avant de traverser la Révolution au cours de laquelle il choisit de servir son pays plutôt qu'un régime particulier. L'étude biographique de ce personnage se double d'une approche analytique de ses écrits personnels, qui renseignent son parcours mais aussi l'évolution et les caractéristiques de son rapport personnel à l'écrit et à ses découvertes, qu'elles soient liées à son service- campagne en Inde, missions en Hollande ou en Angleterre, captivité en Europe centrale- , ou à des voyages personnels en France ou en Italie. Ces découvertes de pays parfois radicalement nouveaux ont contribué à la formation d'un esprit particulièrement ouvert et cosmopolite chez cet homme dont la passion pour l'artillerie se double d'un vif intérêt pour la politique et les institutions, les sciences humaines ou naturelles, pour la cartographie et le dessin ou encore pour les jardins et l'architecture. Toutes ces matières ayant, à des degrés divers, donné lieu au développement de réflexions et à la projection d'ouvrages, l'étude s'attache à valoriser la diversité de ces documents et à les mettre en regard avec l'époque considérée et avec le parcours de leur auteur.
Fernán González, comte de Castille devenu héros (Xe siècle – XVe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : La présente thèse a pour objet l'étude de la postérité médiévale, histotiographique, littéraire et légendaire de Fernan Gonzalez, comte de Castille de 931 à 970. Ce dernier, de son vivant vassal des rois de Leon, inspira quelques décennies après sa mort plusieurs légendes, progressivement constituées en chansons de geste restées orales avant d'être intégrées dans des productions écrites à partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Sa mémoire est intrinsèquement liée à l'abbaye bénédictine de San Pedro de Arlanza, où il était enterré. C'est là que vers 1250 est composé le jalon essentiel de la cristallisation de la légende gonzalienne : le Poema de Fernan Gonzalez. S'inspirant de plusieurs récits oraux, son auteur anonyme raconte les origines de la Castille. Le Comte y occupe la première place puisqu'entre autres péripéties romanesques il y est présenté mythique indépendante du royaume de Leon. La matière du poème acquiert une grande diffusion grâce aux mises en prose qu'en font l'Estoria de Espana, vers 1270, et la Cronica de 1344, cette dernière puisant toutefois à d'autres traditions orales. Toutes les productions écrites des XIVe et XVe siècles, chroniques imprimées comprises, sont héritières de l'une de ces deux chroniques, le Poema étant tombé, quant à lui, dans l'oubli. A côté des témoignages écrits, notre étude accorde une place toute particulière à la reconstitution des légendes et des poèmes oraux, aujourd'hui perdus, indispensable pour comprendre comment Fernan Gonzalez, simple comte, est devenu, en trois siècles à peine, aux côtés du Cid, l'un des grands héros de l'histoire de la Castille.
Langues parlées et liturgie des Israélites d’Aquitaine
Thèse non numérisée. Résumé : La présente thèse se penche pour la première fois sur l'histoire linguistique des Israëlites dits "de rite portugais" du Sud-Ouest de la France Après avoir adopté la langue gasconne, ce groupe s'est forgé, en corrélat à son particularisme confessionnel, une identité linguistique spéciale en empruntat force mots hébreux, espagnols et d'autres langues, véhiculés notamment par la liturgie synagogale sur laquelle reposait la cohésion du groupe. Cette variété de gascon propre aux Israëlites dans laquelle survivent de reares textes jusqu'alors inédits a cédé au cours du XIXe siècle à un parler français toujours vivant, riche de plus de 850 particularismes, dont on dresse ici un inventaire lexicographique et lexicologique en rapportant les relevés anciens aux fruits d'une enquête de terrain commencée en 2014 auprès des derniers locuteurs. Cette tentative d'analyse linguistique et sociolonguistique d'un groupe langagier sur le long terme de sin est complétée apr une étude de sa liturgie propre à travers l'édition commentée d'un des seuls textes écrits dans la variété de français étudiée : un manuscrit bordelais découvert en 2016 et consistant en une somme du savoir liturgique des Israëlites bordelais.
Paul Hay du Chastelet (1592-1636) ou la quotidienneté du pouvoir
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse traite de l'ascension, de la pratique et des écrits politiques de Paul Hay du Chastelet, 1592-1636, conseiller et agent du Cardinal de Richelieu. Prenant la forme d'une biographie, ce travail ambitionne à retrouver la logique d'un personnage mal connu par l'historiographie et pourtant lié à plusieurs épisodes importants du ministériat. Si l'enjeu biographique donne une logique à l'ensemble, il n'est pas une fin en soi. Bien plus, c'est une certaine pratique du politique, un certain positionnement face aux pouvoirs ni vraiment dominé ni vraiment dominant que l'on trouve. C'est la place d'un personnage de l'intermédiaire que l'on recherche d'où cette présence dans le titre du terme du quotidienneté. Parce que Paul participe à l'action du ministériat comme à l'écriture de sa légende, ce travail ambitionne à analyser cette construction idéelle et matérielle qu'est l'action politique.
« L’intérêt est normand, et l’honneur est gascon ». Le Tribunal des maréchaux de France : agent régulateur du comportement et du crédit des nobles et militaires au XVIIIe siècle
Thèse non numérisée. Résumé : Le Tribunal du point d'honneur fut créé par Henri IV afin de concilier les querelles entre nobles et militaires et éviter ainsi les duels. A partir du règne de Louis XIV, les maréchaux dotent leur juridiction de règlements qui organisent la procédure. Des agents, de plus en plus nombreux à Paris comme dans les provinces, sont mis à leur service par le roi. Souvent liés aux milieux militaires, ces hommes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement et dans l'évolution de l'institution. Inclus dans les réseaux de sociabilité des justiciables du tribunal- les nobles et le smilitaires français- , les membres de la compagnie du prévôt général de la Connétablie et maréchaussée de France sont de véritables intendants du crédit nobiliaire et militaire. Ils participent en outre à la formalisation d'un code juridique de l'honneur par le tribunal. Au départ impératif moral et social, l'honneur devient un principe juridique. Fort de celui-ci, le Tribunal du point d'honeur apparaît dans cette étude comme un agent régulateur du comportement des nobles et militaires mais aussi d'une forme de crédit qui leur était réservée. Seuls aptes à prouver une promesse de remboursement, les billets d'honneur sont les supports d'un régime privilégié de crédit régulé par le Tribunal des maréchaux et n'ayant cours qu'entre ses justiciables. Cette forme originale d'engagement ne reposant que sur l'honneur fut attaquée par les juristes et parlementaires. Les querelles institutionnelles qui ont eu lieu sont alors à comprendre et étudier au sein d'une vaste querelle de l'honneur et de l'intérêt caractéristique d'une "seconde modernité de l'honneur", du milieu XVIIe à la fin du XVIIIe siècle.
L’ordre du Saint-Esprit sous louis XIV : un instrument au service du pouvoir (1643-1715)
Thèse non numérisée. Résumé : L'Ordre du Saint-Esprit a été fondé en 1578 par Henri III pour rassembler la noblesse autour du trône dans une époque marquée par les divisions religieuses. Composé de cent membres, l'ordre impose à ses novices de faire la preuve de leur foi catholique et de quatre degrés de noblesse. A son avènement, Louis XIV se réapprprie cette distinction devenue la plus prestigieuse du royaume. Il célèbre trente promotions durant son règne,nommant près de deux cents chevaliers et commandeurs ecclésiastiques selon une chronologie révélatrice. La majorité est en effet nommée lors de deux cérémonies célébrées à des moments-clés du règne, en 161 et 1688. Ces dates témoignent de l'utilisation politique que Louis XIV fait de l'ordre. En 1661, le roi affirme son désir de gouverner sans principal ministre et récompense la fidélité des nobles qui l'entourent. Peu à peu, l'ordre du Saint-Esprit prend un caractère militaire plus marqué. En 1688, quelques mois après le début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le roi distingue des militaires haut-gradés et des gouverneurs de places frontalières. Les nombreuses petites promotions de la fin du règne honorent également des officiers militaires et des héros de guerre. Destiné à récompenser la fidélité, il lui permet également d'honorer le mérite; et notamment le mérite militaire. En rassemblant autour de lui la meilleure noblesse du royaume lors de cérémonies somptueuses, Louis XIV met l'ordre au service de la majeté royale. Il s'en sert aussi comme soutien financier de la monarchie, s'appuyant sur lui dans les moments difficiles du règne. L'odre du Saint-Esprit devient ainsi, entre les mains du roi, un instrument au service de l'absolutisme.
Édition de la correspondance du nonce en France Girolamo Grimaldi-Cavalleroni (1641-1644)
Thèse non numérisée. Résumé : Girolamo Grimaldi-Cavalleroni, lors de sa nonciature en France entre 1641 et 1644, a entretenu avec le surintendant de l'Etat ecclésiastique à Rome, Francesco Barberini, une importante correspondance diplomatique de près de 1500 lettres, mettant en lumière les liens entre la France et le Saint-Siège à cette époque. L'édition de celles-ci constitue l'objet de cette thèse. Elle a pour but d'expliciter cette correspondance, de la contextualiser et d'y apporter un commentaire pour mieux éclairer les points remarquables de ces échanges. Ceux-ci rendent compte des négociations du nonce avec les souverains et ministres français dans différents domaines. D'un point de vue religieux, le nonce s'attache à la protection de l'Eglise et du clergé français, de l'orthodoxie de la foi, de la pratique chrétienne ainsi que des prérogatives du Saint-Siège en la matière. Les affaires politiques en France sont également très présentes à travers les remises en cause du pouvoir souverain, la mort de Richelieu puis celle de Louis XIII, et enfin la mise en place de la régence d'Anne d'Autrice, assistée de Mazarin. Enfin, les plumes de Grimaldi et Barberini témoignent de la diplomatie européenne à travers la ligne d'action du Saint-Siège- qui est la promotion de la paix entre les puissances catholiques- et des contradictions que lui offrent les choix diplomatiques français. Cela se manifeste autant en ce qui concerne la préparation du congrès de paix destiné à mettre fin à la guerre de Trente Ans que dans les conflits italiens, les campagnes militaires françaises ou encore les négociations des ambassadeurs de France à Rome.
Administrer la communauté villageoise en Lomagne à la fin du Moyen Âge. Étude des comptes consulaires d’Escazeaux (1359-1419)
Thèse non numérisée. Résumé : Loin d'être de simples suites de chiffres, les comptes consulaires de la fin du Moyen âge constituent un témoignage direct des communautés qui les tenaient. Escazeaux, village de Lomagne, aux confins de la Gascogne et du Languedoc, a conservé une série continue de comptes, tenus sur soixante-et-un ans, entre 1359 et 1419. Ces comptes permettent d'éclairer la manière dont les consuls administraient une communauté villageoise en pleine guerre de Cent Ans, mettant en lumière leurs différentes attributions au sein du village, où ils levaient des impôts, rendaient la justice et faisaient construire des fortifications, ainsi que leur rôle de représentation de la communauté, au sein d'un réseau de communautés similaires, mais aussi auprès des autorités seigneuriales qu'étaient le vicomte de Gimois et le roi. Mais ils renferment également une peinture de la communauté aux XIVe et XVe siècles ainsi que toute la vicomté de Gimois, dont Escazeaux faisait partie au Moyen âge, et dont l'histoire est encore à faire.
Beauté du paradoxe. Le cheval barbe dans son destin franco-algérien (1542-1914)
Thèse non numérisée. Résumé : Lorsque la France débarque dans la régence d'Alger en 1830, le cheval d'Afrique du Nord, qu'elle appelle le Barbe depuis le XVIe siècle, est loin de lui être inconnu. Importé depuis longtemps en Europe comme monture de luxe, à la fois rare et prestigieuse, le Barbe voit pourtant ce statut bouleversé avec la conquête de l'Algérie. Deux héritages équestres très différents, qui se sont lentement formés des deux côtés de la Méditerranée, se heurtent alors brutalement dans le contexte trouble de la guerre, puis de l'exploitation coloniale. Le XIXe siècle marque de fait l'apogée d'une grande confusion dans la définition même de cet équidé, écartelé par des fractures culturelles, sociales et utilitaires. Transformé jusque dans son corps et dans ses fonctions, son identité s'étiole, bien que son nom demeure inchangé. Dans ces conditions, est-il exact de dire que le Barbe existe toujours à la veille de la Première Guerre mondiale? Un seul point met d'accord Algériens et Français, militaires et civils, métropolitains et colons, ministères parisiens et éleveurs du bled : le Barbe est un exceptionnel cheval de cavalerie légère. Le présent travail ne cherche néanmoins pas à étudier la confrontation entre deux mondes à travers le prisme d'un animal, mais le contact progressif entre un de ces mondes et un animal étranger via l'autre. En explorant tous les sens possibles du Barbe, et en le sfaisant cohabiter dans toutes leurs contradictions et toutes leurs convergences, sans tenter de dégager une quelconque "logique modélisante", le cheval redevenu acteur à part entière, permet de sortir de relations coloniales trop souvent dichotomiques. Là réside la beauté du paradoxe.
Jean Leblond : un consul diplomate à Venise (1718-1759)
Thèse non numérisée. Résumé : La présente étude a comme objet la représentation consulaire française à Venise au XVIIIe siècle.Dans un Etat que les contemporains et l'historiographie traditionnelle disent affaibli après la paix de Passarowitz, 1718, cette thèse cherche à comprendre pourquoi la France a, malgré tout, cherché à y entretenir deux représentants, un ambassadeur et un consul et comment cette doucble représentation prenait forme. C'est à travers la figure de Jean Leblond que la question a été étudiée en se basant sur les sources manuscrites tant en France qu'en Italie. La famille Leblond occupa le consulat entre 1679 et 1793 et connaît donc parfaitement Venise et le fonctionnement de ses institutions. Il ne s'agit pas de retracer la carrière personnelle d'un homme qui officia comme consul pendant plus de quarante ans, 1718-1759, mais de voir, à travers lui, comment le titulaire d'un poste créé pour protéger les intérêts commerciaux et les Français présents sur place pouvait être amené à dépasser sa mission originelle dans un Etat qui, faisant de la neutralité un modus vivendi, se détournait des grands enjeux géopolitiques du XVIIIe siècle. Les instructions et les missions données aux ambassadeurs et au consul se recoupent nécessairement dans une ville où tout est lié, économie, politique comme diplomatie. Les relations compliquées de Leblond avec les diplomates français sont à la fois cause et symptôme de l'envergure qu'il donna à sa fonction qui réclamait un consul politique et diplomate. Par bien des aspects, Jean Leblond a révélé comme consul et chargé d'affaires toutes les qualités exigées d'un diplomate dans une place telle que Venise, plaque tournante par où transitent hommes et marchandises et nouvelles affluant de Méditerranée et d'Europe.
Le carnet de Sienne de Giuliano da Sangallo. Les archives graphiques d’un architecte de la Renaissance
Thèse non numérisée
Construire, moderniser, améliorer : planification, construction routière et autoroutière en France de 1900 à 1974
Thèse non numérisée. Résumé : Outre la possession d'une automobile, les déplacements sur autoroute sont un élément constitutif du mode de vie actuel, ces dernières constituant un réseau de près de 11 000km, dont près de 9000 sont soumis au péage. Pour autant, la constitution d'un réseau autoroutier aussi dense que celui de la France n'a pas été une idée aussi naturelle pour des générations de décideurs. A travers l'étude des principales campagnes de construction ou de modernisation du réseau routier, une histoire de spolitiques publiques du XXe siècle peut être constituée. Du début du siècle, marqué par le renouveau de la route,temporairement délaissée au profit du chemin de fer, au premier choc pétrolier, une histoire de l'évolution des mentalités quant aux moyens de moderniser la France et la pratique automobile se fait jour, de même que l'ensemble des retombées en ce domaine. Ainsi, au fur et à mesure que le débat et les réalisations se précisent et s'adaptent à la circulation automobile, la route devient gage de rapidité puis de compétitivité économique, en même temps qu'elle devient instrument d'aménagement du territoire. Cela ne se fait pas sans heurts, et sans entraîner d'autres changements majeurs, que le présent travail s'efforce de mettre en lumière tout en tentant d'en faire émerger les motivations et les implications,à l'image de la mise en place des politiques de concessions et de péage des autoroutes de liaison. Il en va ainsi du passage d'une vision globale et régalienne des autoroutes au début des années 1960, avant que cette dernière ne fasse l'objet d'un infléchissement néolibéral à la fin de la décennie et au début des années 1970, tant sur le plan de la gestion des infrastructures que de leur contruction. Plus précisément, l'interaction des idées modernisatrices, les résistances et les adptations suscitent une évolution globale de la manière de gouverner la France, dès lors qu'il s'agit de l'équiper. Il s'agit donc d'étudier les interactions pour en mieux comprendre les implications sur les pratiques actuelles de la route et de l'autoroute, généralement perçues comme le produit d'une histoire.
Les disputes de quolibet dans les universités d’Europe centrale (fin du XIVe-début du XVe siècle). Étude de cas : les controverses eucharistiques et le rôle du Liber de causis dans les quodlibets de Prague
Thèse non numérisée
Du lieu de pouvoir à l’espace vécu. Le château de Talmont du XIIIe au XVe siècle
Le château de Talmont (talmont Saint-Hilaire, Vendée), est un édifice imposant et complexe, occupé du XIe au XVIIe siècle. Dans la lignée des travaux ayant porté sur l'architecture et l'occupation du château du XIe jusqu'au début du XIIIe siècle, cette thèse se propose d'ajouter au dossier l'étude des parties tardives (XIIIe-XVe siècle), dans la perspective d'une étude archéologique et microhistorique de l'habital castral, prenant en compte le bâti, le mobilier archéologique et les sources écrites. L'histoire politique du site et la société complexe qui le peuple sont étudiées en premier lieu, avant que l'on ne se penche sur l'organisation des chantiers de construction médiévaux et l'étude archéologique du bâti des programmes de construction tardifs bâtis contre la courtine orientale, puis sur les modes de vie au château envisagés notamment sous l'angle de l'alimentation et des rapports du château avec les espaces environnants. L'analyse interdisciplinaire des différentes facettes du site permet in fine de proposer une interprétation générale de son occupation et de sa trajectoire historique à la fin du Moyen âge.
« Soulager l’humanité souffrante ». La bienfaisance du duc de Charost en milieu rural 1770-1800
Thèse non numérisée. Résumé : Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost (1738-1800), est un homme de son temps. Eclairé par les idéaux des Lumières, le duc appartient à cette première génération des philanthropes, moins soucieuse du salut de leurs semblables que de leur bonheur terrestre. L'étude de cette thèse se concentre sur le comportement bienfaisant qu'il adopta sur son duché-pairie en Berry. Il y tient le statut de seigneur qui lui donne, selon lui, une responsabilité et un devoir d'assistance envers ses vassaux. Le duc dépasse toutefois l'entreprise des seigneurs charitables qui se contenteraient de distribuer des aumônes. Il envisage une assistance raisonnée, proposant une solution adaptée à chaque catégorie de pauvres. Mais il entend aussi travailler en amont à la suppression de l'indigence. Une telle ambition lie nécessairerement la philantrophie à l'agronomie, dans un royaume majoritairement rural. Charost se rapproche ainsi des théories physiocratiques qui font de la terre la seule productrice de richesses. Autant investi dans l'agriculture qu'il l'est dans l'assistance, le duc essaie d'ouvrir le Berry aux innovations agricoles. La Révolution ne modère pas ses ardeurs et, malgré les changements institutionnels qui provoquent la disparition de la seigneurie, il soumet à présent des projets plus ambitieux. La place éminente de l'ancien duc dans la société parisienne lui donne une certaine audience. Charost rencontre, il est vrai de nombreux échecs, il n'en demeure pas moins l'incarnation originale d'un noble de haut rang préoccupé du sort de ses concitoyens, et soucieux de diffuser autour de lui les principes qui doivent "soulager l'humanité souffrante".