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Gouverner au nom du roi entre Renaissance et guerres de Religion : la correspondance de Guy Chabot, gouverneur de La Rochelle, entre 1559 et 1572
Thèse non numérisée. Résumé : Le nom de Guy Chabot (1508-1584), baron de Jarnac, subsiste dans la mémoire collective grâce au "coup de Jarnac", habile passe d'armes qui lui valut de remporter la victoire lors du dernier duel judiciaire organisé par un roi de France, en 1547. Héritier d'un elongue tradition de service de la Couronne, courtisan élévé auprès des Valois, soldat formé par les campagnes italiennes, Guy Chabot obtint en récompense de ses services la charge de gouverneur de la Rochelle et de l'Aunis en 1559, qu'il conserva jusqu'à sa révocation en 1572. En tant que tel, il eut à affronter le déclenchement des premières Guerres de Religion et à gérer le basculement de la cité maritime dans le camp protestant, auquel il s'opposa avec détermination. Son exercice du pouvoir comme représentant de la majesté souveraine du roi éclaire les enjeux soulevés par une fonction située à mi-chemin entre le coeur de l'Etat et les réalités locales. Dans cette perspective, la correspondance du baron de Jarnac de 1559 à 1572, composée d'environ 350 lettres reçues et émises, offre à l'historien une source d'importance capitale. Editée ici pour la première fois, elle dévoile les spécificités d'un parcours singulier qui offre toutefois, dans ses dimensions à la fois sociales, politiques et religieuses, le modèle d'un gouverneur du XVIe siècle, confronté à la transition douloureuse entre Renaissance et guerres civiles.
Au plaisir de dieu, au service de l’État. L’ambassade près le Saint-Siège de Wladimir d’Ormesson au prisme de son journal (1948-1956)
Thèse non numérisée. Résumé : Wladimir d'Ormesson (1888-1973) est un diplomate, journaliste, écrivain et académicien français, issu d'une famille de hauts fonctionnaires et de serviteurs de l'Etat. Il a tenu à partir de 1919 un journal fleuve, dont l'étude se limite ici aux années 1948 à 1956, c'est-à-dire à la période de sa seconde ambassade ^rès le Saint-Siège. Les huit années qu'il passe à Rome représentent près de six mille pages manuscrites complétées de lettres, photographies, coupures de journaux, jointes au journal. La lecture permet d'avoir une vision de l'ambassade d'un point de vue personnel et non pas institutionnel; elle fait aussi revivre les relations sociales et familiales d'un homme de l'aristocratie au tournant des années cinquante, alors que la modernité et la société de consommation déferlent sur une Europe exsangue après la guerre. Wladimir d'Ormesson, par sa position et ses intérêts, dresse aussi le portarit d'une Eglise en proie à l'intégrisme comme au progressisme, alors que le communisme progresse en France et en Italie. Enfin, l'ambassadeur se fait ùéùorialiste en dressant des protraits d'hommes politiques, de religieux, de mondains. Il livre aussi dans son journal ses idées politiques et religieuses. La période sur laquelle s'étend le journal regorge à ce titre de possibilités pour l'ambassadeur de s'exprimer, à l'époque des expériences des prêtres-ouvriers mais aussi du délitement de l'Union française, et des débuts de la Guerre Froide, du blocus de Berlin à la crise de Suez.
Germain, évêque de Paris (v. 496/500-576), de l’aristocrate burgonde au saint parisien. Parcours, réseaux et mémoire (début vie-fin VIIIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : L'évêque Germain de Paris est généralement considéré comme un personnage de premier plan de l'Eglise au VIe siècle ; pourtant, personne ne lui avait jusque-là consacré de travail de recherche. De plus, l'historiographie a longtemps été influencée par l'importante production documentaire postérieure de l'abbaye de Saint-Germain-des-¨Prés, qui tendait à occulter le personnage historique pour en faire un saint fondateur de l'Eglise parisienne. La présente étude, constitue donc une biographie de Germain à partir des sources émanant de ses contemporains, à commencer par Venance Fortunat et Grégoire de Tours. Il est ainsi possible d'insister de façon nouvelle sur l'origine autunoise de Germain, né dans une famille de l'aristocratie municipale au sein du royaume de burgonde, qui devient évêque de Paris lors du ralliement de sa cité au roi Chidebert Ier en 556. Cette nouvelle perspective permet de réévaluer les circonstance de son épiscopat, où il se montre un évêque actif, oeuvrant au développement de plusieurs cultes, s'insérant dans les réseaux de l'épiscopat du royaume de Paris et cherchant à défendre l'autorité épiscopale dans sa cité comme au sein des royaumes mérovingiens. Il est également possible d'étudier la spiritualité et la sainteté de Germain, influencé par son homonyme, saint Germain d'Auxerre, auquel il doit son nom et son modèle d'ascèse, qu'il partage avec la sainte Radegonde. Enfin, le développement de sa mémoire s'avère particulièrement lié à l'implication de l'entoutage royale, depuis Chilpéric Ier jusqu'à Pépin le Bref, et on peut ainsi réévaluer le lien unissant Germain à la basilique Saint-Vincent où il repose et qui prit le nom de Saint-Germain-des-Prés.
La Hongrie dans l’imaginaire français du XVe siècle : culture royale et identité dynastique à la cour d’Anjou-Provence
Thèse non numérisée. Résumé : Que représentait la Hongrie pour les Français du XVe siècle? Quelle place occupait dans l'imaginaire collectif ce pays lointain qui, à la fin du Moyen âge, était une puissance de premier ordre en Europe centrale ? L'étude envisage d'abord ces questions en prenant pour cadre la cour d'Anjou-Provence durant le règne du fastueux couple formé par René d'Anjou hérite en 1435 des royautés de Sicile, de Hongrie et de Jérusalem- ces deux dernières étant demeurées fictives. René et Jeanne n'en orchestrent pas moins leur mécénat une subtile politique de réactivation dynastique, où la Hongrie rappelle le souvenir des souverains angevins qui, au XIVe siècle, régnèrent sur la Hongrie. Ce faisant, alors que l'assise territoriale du couple royal s'amenuise, la cour du roi René enracine son pouvoir dans un temps long et l'inscrit dans un cadre spatial pour ainsi dire universel. Le propos élargit ensuite l'examen aux productions culturelles qui pouvaient circuler au XVe siècle en France et qui font référence à la Hongrie, afin de confronter cette image entre connaissances concrètes et fantasmes pluriséculaires. Royaume situé entre l'Orient et l'Occident, entre royauté sainte et résurgences barbares, gardienne de la Chrétienté tout en étant à l'extrême limite de celle-ci, la Hongrie apparaît avant tout comme un monde de contrastes dan sl'imaginaire français de la fin du Moyen âge.
Le Pèlerinage de l’âme en prose et la Peregrinacio anime. Édition critique des réécritures du deuxième Pèlerinage de Guillaume de Digulleville par Jean Galopes
Thèse non numérisée. Résumé : Non content d'être le premier à mettre en prose française l'un des Pèlerinages en vers de Guillaume de Digulleville dans les années 1420 pour le duc de Bedford, l'universitaire parisien Jean Galopes a réalisé peu après la traduction latine de sa mise en prose à la demande du régent de France. Cette thèse se propose de donner une édition critique parallèle des deux textes composés par Jean Galopes. Elle se palce ainsi à la confluence de l'intérêt de la recherche pour les réécritures médiévales et de celui qui a vu fleurir depuis plus d'une décennie les travaux sur Guillaume de Diguville et sa postérité littéraire. Elle a entre autres pour but de permettre l'analyse ultérieure de sprocessus de mise en prose et d'auto-traduction. Cinq témoins manuscrits subsistent du Pèlerinage de l'Ame en prose, qui a par ailleurs fait l'objet d'une édition par Antoine Vérard en 1499. Sa traduction latine, la Peregrinacio anime, nous a elle été transmise par deux manuscrits. Nos éditiosn prennent en compte l'ensemble des témoins.
« Pour leur peine et salaire d’avoir joué ensemble de leurs instruments ». Organisation et reconnaissance du métier de musicien instrumentiste dans la société urbaine de la fin du Moyen Âge (XIVe-XVIe siècle)
La performance musicale au Moyen âge est exécutée par des jongleurs ou des ménestrels, dont on retient souvent, aujourd'hui encore, l'image romantique d'hommes à la vie dissolue et aux moeurs douteuses, errant de château en château pour divertir les seigneurs en échange du gîte pour la nuit, ou chantant dans la rue dans l'espoir d'une aumône. Dès le Moyen âge, les discours cléricaux s'appuient sur cette mauvaise réputation des amuseurs pour condamner fermement jongleurs et ménestrels, et refuser de voir dans leur activité un véritable travail. A partir du XIVe siècle, les musiciens instrumentistes qui vivent en ville s'organisent pourtant en communautés et se dotent de réglements professionnels. La pratique instrumentale de la musique, devient alors un véritable métier artisanal, qui prend le nom de ménestrandise, et un statut de professionnel du divertissement se dessine, qui contribue à la reconnaissance sociale des musiciens instrumentistes. Le mouvement communautaire qui touche ces derniers à la fin du Moyen âge s'inscrit dans le cadre général d'une structuration des métiers en cours et de la mise en place d'une réglementation du travail. A la faveur d'une mutation profonde de leurs modes de rénumération, qui s'apparente de plus en plus à un salaire, les musiciens professionnels voient globalement leur condition s'améliorer entre le XIVe et le XVe siècle. Certains d'entre eux accèdent même à une certaine notabilité, ou au moins, une relative richesse. Cette évolution ne concerne cependant pas tous les jongleurs et ménestrels, dont une partie reste en marge du mouvement communautaire.
Du condominium aux territoires. Territorialisation, occupation des sols et réforme de l’Église à Marseille au Moyen Âge (950-1215)
Thèse non numérisée. Résumé : Le présent travail considère trois objets historiques dans la région marseillaise au Moyen âge : l'émergence d'un territoire institutionnel en conséquence de la réforme de l'Eglise, qui aboutit dans la formalisation du diocèse comme territoire de l'évêque ; les évolutions des formes d'occupation du sol, notamment la densification et l'agglomération de l'habitat rural, manifestes à travers les recompositions du maillage castral; et la formation d'une identité marseillaise qui semble se situer à la croisée des deux phénomènes précédents, méritant sous cet aspec d'être mise en lumière. La région marseillaise présente l'intérêt d'avoir une longue histoire, bien documentée, fondée, dès 600 av. J.-C., sur l'urbanisation et la territorialisation des environs de la cité. Elle n'a cessé de conserver une position stratégique au sein des blocs historiques successifs qui l'ont intégrée, ce qui en fait un objet historique d'exception pour ce travail, puisque l'on peut faire la part de l'héritage, de la résilience et de l'innovation dans la composition des différents ensembles territoriaux médiévaux, dont l'histoire à l'échelle de la Chrétienté est désormais bien connue. Par ailleurs, le contexte politique marseillais à la fin de l'ère carolingienne est original, puisque les trois institutions urbaines (vicomté, évêché et abbatiat) appartenaient à une seule famille. La réforme de l'Eglise, précipitant la fin du condominium, hâta la territorialisation sous ses deux formes. L'apparition de la commune de Marseille au début du XIIIe siècle apparaît alors comme l'aboutissement des deux logiques territoriales étudiées et le résultat des expérimentations laïques et ecclésiastiques en la matière, après un siècle d'âpre compétition territoriale.
Les journaux de René Coty (1936-1945). Un modéré entre deux Républiques
Thèse non numérisée
Des ailes et des roues. La place des moulins à eau et à vent dans le système énergétique parisien médiéval (XIIIe-XVIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Aujourd'hui vus comme des éléments pittoresques du paysage, les moulins furent à la base de la croissance démographique et économique des sociétés préindustrielles. En permettant pour la première fois l'exploitation de formes d'énergie inorganiques, ces convertisseurs énergétiques allaient, comme l'écrivait Marc Bloch, "rendre plus aisée la vie d'innombrables foules humaines". L'étude de la place de ces dispositifs de production d'énergie renouvelable dans la satisfaction des besoins des sociétés préindustrielles a beaucoup à apporter à la compréhension des enjeux du débat autour de la transition énergétique. Afin d'envisager de manière nouvelle cette question, à laquelle de nombreuses réponses se trouvent à l'échelle des grandes villes, le présent travail se propose d'examiner la manière dont ces installations contribuèrent à satisfaire la demande énergétique de la région métropolitaine du Paris médiéval, comptant, à l'aube du XIVe siècle, environ 250.000 habitants. Grâce à un corpus de documents et d'images en grande partie inédit, il dresse un tableau qualitatif, quantitatif et relationnel de l'équipement énergétique de la capitale et met au jour les évolutions qu'il connut entre le XIIIe et le XVIe siècles, démentant l'idée d'un système énergétique préindustriel figé.
Commenter l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539-1681)
Thèse non numérisée. Résumé : La promulgation de l'ordonnance de Villers-Cotterêts par François Ier en août 1539 s'inscrit dans une politique législative séculaire destinée à une réforme en profondeur des pratiques juridiques du royaume, dans un contexte de paix. Ses 192 articles ont trait aux procédures civile et criminelle des tribunaux royaux, ainsi qu'à la police des métiers. Si certaines dispositions constituent de véritables innovations, nombreuses sont celles qui se contentent de préciser la législation antérieure. Dès son enregistrement par les cours souveraines, le texte de l'ordonnance donna lieu à d'intenses réflexion doctrinales publiées sous la forme de commentaires, dont certains furent réédités jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Qu'il s'agisse d'éminentes figures de la sciences juridique ou de juristes moins connus, les exégètes de l'ordonnance furent tous des justiciables d'une loi dont ils s'efforcèrent de déterminer la nature et la portée. Si certains articles leur paraissent insuffisants ou inapplicables, d'autres emportent leur adhésion dans une volonté commune de pallier les lenteurs de la justice. Mais on ne saurait confondre cérélité judiciaire et justice expéditive, et la plupart des commentateurs s'efforce de tempérer les rigueurs de l'ordonnance en matière criminelle, lorsque celle-ci porte atteinte aux droits de la défense. En isolant un texte de loi français et en lui appliquant les méthodes exégétiques propres aux doctrines romano-canoniques, les commentaires de l'ordonnance participent d'une valorisation d'un droit français en un temps où celui-ci n'était honoré d'aucun enseignement universitaire. Leur étude ouvre de nouvelles perspectives dans l'histoire du livre juridique.
« Vous estes au pays des sçavants et à la source de la science ». Le renouveau de l’abbaye Sainte-Geneviève à travers l’exemple du p. Du Molinet (1620-1687)
Thèse non numérisée
« Que l'Europe soit esclave tant qu’elle veut, moi du moins je suis libre ». Édition critique de la correspondance européenne d’Achille Murat (1830-1833)
Thèse non numérisée. Résumé : L'édition de la correspondance d'Achille Murat (1801-1847), fils aîné de Joachim Murat, ancien roi de Naples, et de Caroline Bonaparte, plus jeune soeur de Napoléon, porte sur les années de son voyage européen, du départ, à l'hiver 1830-1831, au retour en Amérique, à l'été 1833. Exilé en Floride, où il s'est fait avocat et planteur, Achille Murat prend la décision de traverser l'Atlantique lorsqu'il apprend l'accession au trône de Louis-Philippe, duquel il espère obtenir le report de la loi d'exil qui frappe la famille Bonaparte depuis 1816. Sa correspondance notamment avec sa mère, Caroline, mais aussi avec Joseph Bonaparte, le général Lafayette, ou encore des dirigeants belges comme Charles de Brouckère, entremêle écrit du fo privé et échanges combatifs avec les opposants au régime de Louis-Philippe qui songent à faire de lui le régent d'un Empire républicain au nom de son cousin, Napoléon II. De l'Angleterre à la Belgique, où il caresse le rêve de diriger une armée en formant une légion étrangère, puis au Portugal, Achille Murat se heurte à un double obstacle, celui d'un nom porteur de promesses et celui de causes à défendre pour lesquelles on lui préfère inexorablement un candidat mieux placé. D'une correspondance trilingue et aujourd'hui éparpillée à travers le monde, se détache le portrait d'un homme qui écrit sans cesse, animé par l'espoir de marcher sur les traces familiale et de restaurer ainsi la noblesse et le prestige de sa lignée.
D’une affaire menacée à un commerce florissant. Les premiers pas de la maison de joaillerie Mellerio en république (1870-1914)
Thèse non numérisée. Résumé : La maison Mellerio dits Meller, plus ancienne joaillerie de luxe de la rue de la Paix, n’a bénéficié que d’une seule monographie publiée en 2009. La présente étude tend à suivre les premiers pas de cette maison en république, à une période charnière de son histoire, durant les cinquante ans qui séparent la chute du Second Empire de la Grande Guerre. Elle prend appui sur les archives privées inédites de l’entreprise. Lorsqu’éclate la guerre de 1870, la prospérité du commerce familial est sérieusement compromise. Pour les trois générations de Mellerio qui se succèdent entre 1870 et 1914 s’annonce un véritable défi : garantir la viabilité du 9 rue de la Paix ainsi que de leurs succursales parisienne et madrilène. Dans le contexte économique peu porteur des années 1870-1890, la maison Mellerio se démène pour attirer à elle une plus large clientèle tant et si bien qu’à la fin des années 1890, le chiffre d’affaires de la maison est en hausse continuelle, atteignant plus de deux millions de francs à la veille de la Grande Guerre. Alors que les élites traditionnelles se montrent de plus en plus réservées dans leurs achats de parures, elles se voient supplantées par des notables en quête de reconnaissance sociale : ce sont les personnalités de la Haute Banque, les industriels, les grands négociants et tout ce que le Paris de la Belle Époque compte comme célébrités qui franchissent désormais le seuil du 9, rue de la Paix. Les élites étrangères qui ont conscience de la suprématie française en matière de luxe, ne résistent pas non plus aux attraits des vitrines Mellerio. À la veille de 1914, Mellerio est une maison de joaillerie de premier plan, fournisseur de plusieurs souverains.
Louis XV chef de guerre. Cérémonial de cour et commandement (1741-1748)
Thèse non numérisée. Résumé : Le rôle de Louis XV dans la direction de la guerre de Succession d’Autriche (1741-1748), est une question majeure pour l’étude de la légitimité guerrière du pouvoir royal et de la monarchie absolue en France au XVIIIe siècle, en particulier lors de sa prise de commandement nominale de l’armée royale en Flandre de 1744 à 1747. Dans la perspective d’appréhender l’extrême vivacité de l’héritage louis-quatorzien et la fidélité scrupuleuse au modèle du « roi de guerre », la présence de Louis XV à l’armée engage à une double approche d’historien. Il s’agit, en premier lieu, de considérer le cérémonial, l’étiquette, la culture matérielle, et l’organisation logistique du voyage. Il faut également constater les nombreuses spécificités guerrières spectaculaires de la vie de la cour aux armées, ou encore mettre en exergue l’objet historique méconnu qu’est le quartier du roi, aux innombrables tentes dorées et chamarrées, véritable résidence royale éphémère à l’armée. En second lieu, il est révélateur de s’attacher à observer la part réelle et la part fictive du roi dans le commandement. La première dévoile son rôle discret d’arbitre des querelles politiques et militaires des généraux. La seconde souligne la mise en valeur du corps du roi, comme objet surnaturel issu de la « religion de la seconde majesté », à l’intérieur du cadre traditionnel de la guerre de siège. Enfin, les interventions personnelles du roi, parfois néfastes, sont souvent décisives : c’est contre l’avis de tous que Louis XV se rend à son armée à la veille de la bataille de Fontenoy. Devenu « chef de guerre », c’est drapé dans le cérémonial et l’étiquette que Louis XV tient la main à la direction des opérations.
L’imprimerie franciscaine de Jérusalem au service de la Terre sainte (1846-1969)
Thèse non numérisée. Résumé : En 1847, une poignée de religieux et de laïques achèvent le tirage d’un abécédaire au couvent franciscain de Saint-Sauveur, siège de la Custodie de Terre Sainte à Jérusalem : avec cet humble feuillet, premier imprimé en caractères mobiles arabes produit sur le territoire palestinien, débute une riche production plurilinguistique. L’Imprimerie des Pères Franciscains est fondée à deux fins précises: fournir gratuitement aux élèves fréquentant les écoles de Terre Sainte les manuels nécessaires à leur instruction spirituelle et intellectuelle, et aux religieux les supports de la pastorale auprès des populations chrétiennes locales. Le XIXe siècle marque alors la convergence de plusieurs dynamiques très favorables : la libéralisation progressive de l’Empire ottoman ainsi que la prise d’intérêts croissante des puissances occidentales au Proche-Orient créent un terreau fertile pour le développement de l’activité missionnaire dans la région. Les publications franciscaines participent alors à plein au mouvement général d’alphabétisation de la population et de diffusion de l’écrit dans toute la société, à travers une gamme d’ouvrages variés, allant du recueil de prières jusqu’aux travaux d’archéologie biblique, en passant par les livres scolaires. Fondée en tant que maison d’édition en 1969, la Franciscan Printing Press constitue un acteur majeur de l’histoire du livre oriental mais aussi de la vie ordinaire de la Ville Sainte. Sa longue aventure livre de fait un témoignage original des évolutions culturelles, politiques et sociales qui transforment le Levant au cours d’un XXe siècle mouvementé.
L’œuvre des Capucins français à Constantinople. Aux confins des ambitions romaines et des politiques françaises en Orient (1881-1901)
Thèse non numérisée. Résumé : Saint-Louis de Péra, couvent fondé à Constantinople par des Capucins français au XVIIe siècle, avait été confié aux Italiens après la Révolution. Le retour des missionnaires français à Saint-Louis en 1881 se fit avec la bénédiction du ministère des Affaires étrangères et de la congrégation de la Propagande à Rome, qui voyaient dans cette œuvre un instrument efficace pour contribuer à leurs politiques respectives. Le Quai d’Orsay souhaitait affermir le protectorat français sur les intérêts catholiques en Orient en réinstallant des aumôniers français à Saint-Louis, chapelle de l’ambassade près la Sublime Porte. À Rome, le gouvernement pontifical comptait faire du couvent un collège de rites, destiné à former des catholiques orientaux pour mettre en œuvre le projet d’« union des Églises » que portait Léon XIII et qui consistait en une restauration de la dignité des Églises orientales unies, afin de regagner par elles les communautés orthodoxes d’Orient au catholicisme. L’étude de l’œuvre de Saint-Louis permet d’aborder la mise en action de ces programmes, ainsi que la difficulté pour les missionnaires de les conjuguer avec les réalités du terrain et avec leurs propres aspirations. Les Capucins surent mettre à profit leur indépendance, aux confins des ambitions romaines et des politiques françaises, pour développer un apostolat original qui contribua à l’affermissement du clergé catholique de la région de Constantinople.
Devenir connoisseur : figures, stratégies et pratiques de l’amateur non académique chez Louis Petit de Bachaumont (1690-1771)
Thèse non numérisée. Résumé : Au sein du milieu érudit et artistique de la France du XVIIIe siècle, l’amateur d’art tient une place à l’importance croissante dans la construction d’un rapport nouveau aux artistes, aux œuvres et au goût pour les arts. Parmi les amateurs dont la postérité a conservé la mémoire figure Louis Petit de Bachaumont. Son nom reste associé aux Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres, somme d’informations sur le Siècle des Lumières, qui ont beaucoup contribué à sa postérité en même temps qu’ils ont déformé son action. L’objet de cette étude est de réexaminer les stratégies qu’il a entreprises et les pratiques qu’il a développées pour être reconnu comme une figure d’amateur sans jamais avoir été reçu comme honoraire amateur ou associé libre au sein de l’Académie royale de peinture et de sculpture, gardienne du modèle académique de l’amateur. N’ayant mené aucune autre carrière que celle du service des arts, ses activités sont d’une grande diversité : rédaction de mémoires à l’attention de particuliers et de la Direction des Bâtiments du Roi, sauvetage de la colonne de l’Hôtel de Soissons, aide, conseils et recommandations aux artistes, estimation, attribution et intermédiaire dans la vente d’œuvres d’art, élaboration d’une collection personnelle, publication d’essais sur les arts. Son action pose surtout la question de la définition de l’amateur d’art et de son rôle social, politique et intellectuel au sein la République des arts et des lettres.
Le revers de l’écaille. La sirène, entre nature et lecture, dans le livre imprimé à l’époque moderne (1475-1691/1692)
Thèse non numérisée. Résumé : Aujourd’hui, lorsqu’on parle de « sirène », c’est l’image d’une séduisante femme à queue de poisson qui se dessine dans l’esprit de l’interlocuteur. Il est tentant pour un regard anachronique de donner ce nom à la plupart des femmes pisciformes que l’on trouve dans l’art et la littérature, alors même qu’il désignait à l’origine des personnages mythologiques ayant pris l’apparence de femmes-oiseaux. Cette confusion, confirmée au Moyen Âge, a-t-elle perduré pendant l’époque moderne que l’on décrit si soucieuse de la lecture des sources antiques mais qui, parallèlement, admet souvent l’existence de monstres aquatiques ? L’absence d’une perspective centrée sur la matérialité du livre dans les études consacrées à la sirène était particulièrement criante pour une époque où l’imprimerie, grâce à la formidable diffusion de textes et d’images, rebat les cartes de la connaissance de la nature. Aussi les supports textuels concernant cette créature fascinante doivent-ils être considérés comme des vecteurs d’informations et des sources à part entière. En tant qu’être hybride et polymorphe, la sirène, créature de papier que l’on croit reconnaître dans le monde réel, soulève en effet des problématiques épineuses lorsque les auteurs modernes tentent de l’intégrer à leurs enquêtes sur l’ordre de la Création. Comment écrit-on sur la sirène entre le milieu du XVe et la fin du XVIIe siècle ? De quelle « sirène » parle-t-on ? En quoi est-elle révélatrice des défis que pose l’écriture de la nature dans cette époque tiraillée entre observation empirique et stéréotypes iconographiques, tissée d’enjeux touchant la production commerciale du livre et l’apparition d’autorités nouvelles ?
Les graffitis de la période médiévale et de la première modernité. L’exemple du château de Selles à Cambrai
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse a pour objet de proposer dans un premier temps une synthèse sur les graffitis médiévaux, en France principalement, quelque soit leur contexte archéologique, afin d’essayer de comprendre ce phénomène et de proposer des pistes de lecture. Tous les aspects de ces écritures griffées sont étudiés successivement afin d’identifier leurs grandes tendances, de comprendre leur raison d’être, le genre de message qu’aurait voulu faire passer leur auteur et la raison du recours à ce type d’expression écrite plutôt qu’à une autre. Une application pratique d’édition de graffitis suit cette partie théorique. Trente-neuf inscriptions conservées par un exceptionnel concours de circonstances au château de Selles à Cambrai font l’objet d’une fiche de description individuelle, spécialement conçue pour rendre exploitables les informations que recèle chacune d’elles et faciliter leur comparaison. Différents outils mis au point durant les recherches sont également présentés : catalogue des graffitis datés, tableau des alphabets datés du château de Selles, inventaire des graffitis de France, bibliographie générale et état des sources pour l’étude des graffitis en France et dans quelques pays limitrophes.
Gabrielle Réjane (1856-1920), comédienne et directrice de théâtre à la Belle Époque
Thèse non numérisée. Résumé : Comme le reste de la société française, le monde du théâtre connaît, à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, d’importantes évolutions. À Paris, où le nombre de salles est considérable, le théâtre, qui était au cœur de la vie publique, assiste à la naissance d’une première société du spectacle dont il ne constitue pas l’unique élément, mais demeure l’épicentre. Un désir de renouveau se fait par ailleurs jour en son sein, porté notamment par le Théâtre Libre d’Antoine, considéré comme l’initiateur de la modernité théâtrale. Dans ce décor, comédiens et comédiennes occupent une place centrale. Bien que leur art, plus que tout autre, paraît fugace, force est de constater que la postérité de ces artistes est inégale : des trois actrices de la Belle Époque sacrées reines de théâtre par leurs contemporains, Réjane est sans nul doute celle dont le souvenir s’est le plus estompé dans la mémoire collective, au profit de Sarah Bernhardt et Julia Bartet. Pourtant, avec 112 pièces interprétées en 46 saisons théâtrales sur 13 scènes parisiennes différentes, 3 films tournés, 84 personnages dramatiques créés, un théâtre fondé et dirigé pendant 13 ans, 63 tournées effectuées, 29 pays visités et une nomination dans la Légion d’honneur au grade de chevalier, l’activité déployée par Réjane est loin d’être négligeable. Près d’un siècle après sa mort, la présente étude se propose de retracer le parcours de cette comédienne et directrice de théâtre et de questionner, en même temps que celui-ci se dessine, son positionnement dans le paysage théâtral de l’époque.
Carne amictus. Vêtir le prêtre, parer l’autel au temps de l’hyperréalisme eucharistique (fin XIIIe-début XVIe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Au Moyen Âge tardif, la dévotion exacerbée au corps du Christ engendre, dans la chrétienté occidentale, un nouveau rapport visuel au rituel qu’est la messe. Depuis l’instauration de la Fête-Dieu jusqu’aux bouleversements de la Réforme, les textiles liturgiques, fluides et amovibles, rendent manifestes les gestes, les objets, les acteurs et les temps du rituel par un jeu de voilement et de dévoilement. Fragiles et méconnus, ces textiles ne sont pas moins des éléments essentiels de la « culture visuelle » de la fin du Moyen Âge. Les textes, les images et les textiles médiévaux eux-mêmes sont convoqués pour écrire une histoire d’un décor éphémère rituel. Envisagés dans une approche systémique, les textiles déployés autour de l’eucharistie, vêtements, parements et linges, forment un ensemble signifiant. Leurs couleurs, leurs décors et leurs mouvements sont liés aux temps et aux rythmes du rituel. Ils contribuent également à la création d’un « espace eucharistique » dont la visibilité est l’enjeu central de la dévotion du Moyen Âge tardif. Les textiles liturgiques sont intriqués dans un ensemble de rapports entre deux corporalités : le corps du Christ reconnu présent sous forme sacramentelle et le corps du prêtre qu’ils revêtent. Ils mettent en valeur la capacité quasi-démiurgique du célébrant et invitent à repenser la spiritualité sacerdotale. Cette anthropologie du rituel permet de reconsidérer le rôle des « acteurs » et des « spectateurs », des clercs et des fidèles, des hommes et des femmes à travers la donation, la réception, la possession, le toucher, la vénération parfois, des textiles liturgiques.
Un miroir de la mission canoniale et épiscopale au XIIIe siècle. Les vitraux légendaires du chœur de la cathédrale de Rouen (1225-1230)
Thèse non numérisée. Résumé : Quoique les vitraux gothiques de la cathédrale de Rouen aient en grande majorité disparu, il subsiste dans le chœur six verrières basses dans un état de conservation remarquable. Certaines modifications de l’ordre des panneaux et plusieurs restaurations ont été identifiées par la critique d’authenticité, mais les verrières ont conservé dans l’ensemble un aspect très proche de l’original. Si ces vitraux sont célèbres depuis le XIXe siècle pour la signature du peintre-verrier Clément de Chartres et pour l’intérêt que porta Flaubert à la verrière de saint Julien l’Hospitalier, ils ont longtemps été délaissés par les historiens de l’art en raison des lacunes que comporte le programme, mais aussi parce qu’ils ont été rapidement relégués à un banal ensemble typologique. Cependant, ils forment un tout cohérent sur le thème de l’intégration au sein de l’Église, exprimée à travers une exaltation des sacrements, conformément aux orientations conciliaires de l’époque. L’Église de Rouen a effectivement pris part à l’élaboration du quatrième concile de Latran et les orientations doctrinales et disciplinaires portées par le concile sont déjà sensibles, près d’un siècle plus tôt, dans le traité Contra haereticos sive de ecclesia de l’archevêque Hugues d’Amiens. En outre, ces vitraux traduisent une insistance très forte sur la prédication, surtout auprès des juifs, que l’on peut probablement lier à une intention pastorale vis-à-vis de la communauté juive de Rouen. Ces thèmes, situés dans le chœur, au sein d’un espace avant tout destiné au clergé cathédral, invitent à lire les vitraux comme un miroir de la vocation pastorale, doctrinale, liturgique et disciplinaire que s’assignent les chanoines et les archevêques.
Entre pièce intime et espace fantasmé. Formes, décor et usages du boudoir de 1726 à 1802
Si l’on devait résumer le siècle des Lumières par une pièce, on choisirait certainement le boudoir. Espace considéré aujourd’hui comme féminin, qu’il soit vu comme coquet ou licencieux, on a tôt fait de l’associer à Marie-Antoinette et aux auteurs libertins. Mais le boudoir ne correspond pas seulement à une image fantasmée de l’Ancien Régime, par bien des aspects, il incarne aussi les profonds bouleversements que connaît l’architecture domestique à cette période. Il naît au début du XVIIIe siècle, alors que la distribution des appartements se diversifie et qu’on commence à imaginer pour chacune des activités de la vie une pièce adaptée. S’imposent alors salle de bains et salle à manger mais le boudoir, lui, s’oppose à cette progressive spécialisation fonctionnelle des espaces. Petite pièce pouvant servir de cabinet d’étude, de cabinet de toilette voire de petit salon selon les désirs du propriétaire, il reste toutefois toujours une sorte de retraite, souvent placée à l’écart de l’appartement principal. En tant que pièce privée, il est témoin de la transition d’une conception ancienne de l’intimité vers un sentiment nouveau : on souhaite désormais posséder une pièce à l’abri des regards, dans laquelle on pourra agir à sa guise. Seul espace qui ne soit semble-t-il pas contraint par des codes distributifs anciens, le boudoir, polymorphe et multifonctionnel, s’impose alors comme étant la seule pièce vraiment personnelle, que ce soit dans les grands hôtels ou, à la fin du siècle, dans des demeures plus modestes. En cela sans doute, davantage que dans son aspect fantasmé, il incarne véritablement le XVIIIe siècle.
Charles E. Bohlen, l’homme-clé des relations franco-américaines à l’heure du grand malentendu transatlantique, 1962-1968
Thèse non numérisée. Résumé : Cette thèse d’école sous la direction de Christine Nougaret (Ecole nationale des chartes) et d’Olivier Forcade (Sorbonne-Paris IV) porte sur l’activité diplomatique de Charles Eustis Bohlen, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France, entre 1963 et 1968, dans le contexte des tensions internationales de la Guerre Froide et des relations franco-américaines. Il s’agit d’une étude critique de fonds variés : archives publiques et privées, en France et aux Etats-Unis, textuels, audiovisuels et iconographiques, qui reconstitue le point de vue d’un diplomate américain sur la France du Général de Gaulle. Elle interroge la nature des oppositions entre les deux pays sur les questions internationales qui ont marqué les années 1960 tout en apportant un éclairage sur la mission d’ambassadeur et son degré d’influence dans les négociations bilatérales.
Deux « papyri mythologiques » funéraires de la Bibliothèque nationale de France
Thèse non numérisée. Résumé : Les incertitudes de la Troisième Période intermédiaire entrainent de profondes transformations des pratiques funéraires égyptiennes. L’abandon des tombes décorées à la XXIème dynastie (1069-945 av. J.-C.) concentre le programme décoratif et ses valeurs rituelles, religieuses et socioéconomiques sur un matériel restreint dont les « papyri mythologiques », spécifiques à cette période. Ces « miscellanées de l’au-delà » se caractérisent par la combinaison originale de motifs nouveaux ou issus de compositions antérieures et la prégnance de l’iconographie. Il s’agit ici de la publication et de l’étude de deux de ces papyri de la BnF. Tout en les replaçant dans leur contexte socioculturel, l’analyse de la conception matérielle et intellectuelle de ces manuscrits met en avant les spécificités techniques de leur fabrication et la cohérence de leur programme religieux. Fabriqué par la réunion de deux rouleaux distincts, le papyrus de Tanytamon (BNF Manuscrits Égyptien 170-171-172-173) s’inspire du Livre des morts en y adjoignant des scènes nouvelles comme la « scène cosmique » centrale. Il est possible de le relier à nombre d’autres objets. Le papyrus de Khonsoumes (BNF Manuscrits Égyptiens 155-154-153) est bien plus original. Son sens de lecture en fait la projection d’un espace tridimensionnel où la représentation de la renaissance du soleil est répartie entre trois compositions – le Livre des Portes, l’Amdouat et le Livre de la Terre dont il est une des seule attestations sur papyrus. Ces deux manuscrits d’exception sont donc centrés sur l’image de la renaissance solaire à laquelle s’associe le défunt.
Le « résumé de Paris » ? Le Palais-Royal de 1780 à 1815 : commerces, logements, divertissements
Encensé, fustigé, fantasmé : le jardin du Palais-Royal ne laisse aucun de ses promeneurs indifférent ! Le lotissement commandé par le futur Philippe-Égalité et construit par le maître maçon Berthault sur les dessins de l’architecte Victor Louis entre 1781 et 1784 bouleverse la parcelle princière. De champêtre promenade du beau monde, elle devient foire perpétuelle, centre commercial et lieu d’habitation. Objet intermédiaire entre le crépuscule de l’Ancien Régime et l’aube d’un nouveau siècle, ces constructions constituent un élément de transition de l’architecture commerciale au long terme, à la fois relais des foires, concurrent des boulevards et précurseur des passages couverts. Les logements modulables proposés se situent de même entre public et privé, maison individuelle et immeuble de rapport. Centre de divertissement, le jardin est à rapprocher des entreprises de tivolis et de vauxhalls lui étant contemporaines mais le cirque enterré en son centre est représentatif de la nature atypique de l’ensemble. La parcelle princière demeure en effet, sur la période étudiée, dans un état d’inachèvement chronique illustré par les différentes architectures éphémères adjointes à l’ensemble. Celles-ci sont supposées financer à court terme la suite des constructions. Les luxueuses galeries du jardin du Palais-Royal matérialisent de nouvelles habitudes de consommation et de promenade : au seuil de la transformation du badaud de l’Ancien Régime en flâneur du XIXe siècle, elles constituent l’un des premiers lieux de shopping parisien.
Ad majorem Virginis Mariæ gloriam. Visages d’une tradition confraternelle immaculiste à Saint-Séverin (XIVe- XXe siècle)
Thèse non numérisée. Résumé : Née au cœur de l’Université, première association immaculiste à Paris à la suite du modèle normand, la confrérie de la Conception Notre-Dame qui voit le jour dans l’église Saint-Séverin au XIVe siècle acquiert très vite un visage propre. Il lui est dicté par l’histoire et la composition d’un quartier, par sa place d’honneur voire son statut de confrérie-étendard dans sa paroisse, et par les missions dont elle se préoccupe prioritairement. Après une brève étude de ses origines médiévales, destinée à replacer la naissance de cette confrérie dans le contexte qui la voit s’épanouir, le cœur de ce travail se concentre sur l’époque moderne. Y sont examinés les différents aspects que peut prendre un tel groupe de piété paroissial et parisien, immaculiste et marial, bourgeois et notable, au fil des évolutions de cette période. Ses environnements géographiques, sociaux, confraternels et religieux donnés façonnent la confrérie en même temps qu’elle s’y adapte. Elle perdure alors malgré les aléas jusqu’à la veille de la Révolution française comme emblème d’une paroisse et gardienne de son culte marial. L’épisode révolutionnaire semble ensuite la faire disparaître et oublier. Alors que s’ouvre un contexte bien différent, la création à Saint-Séverin en 1840 d’une association immaculiste vouée à Notre-Dame de Sainte-Espérance, qui se réclame de la première, fait pourtant perdurer sinon son existence du moins son souvenir. De son origine médiévale à ses prolongements jusqu’au XXe siècle, la tradition qui fait de Saint-Séverin un sanctuaire immaculiste se donne ainsi à explorer dans le temps long, entre impression de continuité et inévitables ruptures et adaptations.
Une aventure artistique « à toutes les gloires de la France » : préfiguration, mise en place et postérité du musée historique de Louis-Philippe (1794-1892)
Thèse non numérisée. Résumé : Lorsque Louis-Philippe inaugure en 1837 le musée historique à Versailles, il inaugure également un avenir nouveau pour le palais. Abandonné par les souverains français depuis la Révolution et transformé dès 1794 en musée, Versailles fait l’objet sous l’Empire de grands projets architecturaux qui ne verront jamais le jour. La Restauration tente sans succès d’y préparer son retour, mais le palais est trop marqué par son passé glorieux d’Ancien Régime pour que les Français acceptent d’y voir s’y réinstaller le roi. La création des galeries historiques à partir de 1833 donne à Versailles une nouvelle identité, et constitue l’une des plus grandes entreprises artistiques du XIXe siècle. D’importantes collections y sont rassemblées, issues de dons, d’acquisitions ou encore de commandes, et comptent à la fin de la monarchie de Juillet environ cinq mille objets d’art. Sous la tutelle de l’administration des Musées, créée au début du siècle, le musée se construit au fur et à mesure du règne de Louis-Philippe, et s’adapte à un public de plus en plus nombreux et de plus en plus exigeant. Loin de disparaître avec la monarchie de Juillet en 1848, le musée continue de s’enrichir tout au long de la seconde moitié du siècle, tandis que l’administration des Musées, et par extension celle de Versailles, connaît d’importantes réformes. La fin du siècle est caractérisée par une histoire mouvementée, dont l’apogée se situe en 1870-1871 avec l’épisode de la Commune et l’installation des parlementaires au palais. En filigrane de l’histoire de Versailles se dessine ainsi celle des institutions, des collections et de la conscience patrimoniale au XIXe siècle, entre continuité et ruptures.
Le De Partibus Ædium de Francesco Maria Grapaldo : la pierre et l’eau. Édition critique et traduction du livre I, chapitres I et II
Thèse non numérisée. Résumé : Francesco Maria Grapaldo (ca.1460-1515) est une figure éminente du paysage humaniste dans la ville de Parme, à la jonction des XVe et XVIe siècles. Image type du notable lettré à l’antique, polygraphe et polymathe, il passa sa vie à cultiver sa connaissance des ouvrages antiques, et à la partager avec ses amis au sein du cénacle humaniste de sa ville natale, l’un des plus dynamiques du temps. Le De Partibus Aedium, ou traité sur les parties de la maison antique, est l’oeuvre de toute sa vie. Il en donnera quatre éditions successives de son vivant, chacune revue et augmentée par rapport aux précédentes, de 1494 à 1516, cette dernière imprimée de façon posthume. Son but : reconstituer pour son lecteur une image mentale, aussi précise, claire et détaillée que possible, de ce qu’était le mode de vie antique, au sein d’une maison imaginaire, lieu de vie aux murs rendus infiniment extensibles pour y contenir tous les objets, toutes les activités et toutes les fonctions du quotidien de Pline, Vitruve ou Cicéron. Ce lexique latin démesuré, aux allures de visite guidée, lui valut le surnom d’architectus auprès de ses pairs, lui que le pape Jules II avait déjà couronné poeta laureatus en 1512. Le présent travail tente de poser les fondations d’une réédition intégrale de ce texte, en présentant l’édition critique du texte latin des deux premiers chapitres du livre I et de l’ensemble de leur paratexte, ainsi que leur traduction française. Ces deux premiers chapitres sont ceux de la pierre et de l’eau : Grapaldo ouvre son parcours domestique avec l’élévation des murs, des portes et du seuil de la maison, avant de passer sous le porche et d’entrer dans la cour intérieure pour y décrire les installations aquifères, au coeur de la vie quotidienne romaine.
Des chameaux et des hommes. Les voyages d’Odette du Puigaudeau en Mauritanie (1933-1961)
Odette du Puigaudeau (1897-1991) a connu une certaine notoriété en son temps pour ses voyages en Mauritanie (mais aussi au Sénégal, au Mali et au Maroc) ; cependant, elle est aujourd’hui complètement oubliée. Fille unique, Odette du Puigaudeau quitte le château familial à 26 ans pour tenter sa chance à Paris, notamment comme journaliste. Son but ultime : partir à l’aventure, peu importe le lieu. Elle y parvient avec celle qui sera la compagne de sa vie, Marion Sénones (1886-1977), journaliste elle aussi ; en décembre 1933, elles embarquent pour de longs mois en Mauritanie, avec l’appui des autorités militaires et scientifiques. Ce premier voyage est un succès, avec deux livres et de nombreux résultats scientifiques, notamment en ethnographie et archéologie. Les deux femmes repartent de décembre 1936 à février 1939, puis entre décembre 1949 et septembre 1951. A cette date, Odette du Puigaudeau commence à être reconnue comme une spécialiste de la Mauritanie, mais les difficultés s’accroissent : relations difficiles avec les scientifiques mais aussi avec les autorités, dans un contexte de décolonisation où Odette du Puigaudeau prend parti de façon très arrêtée. En 1961, Odette du Puigaudeau et Marion Sénones s’installent au Maroc, où elles finissent leur vie. Les œuvres d’Odette du Puigaudeau (sept récits de voyages et de nombreux travaux scientifiques ou de vulgarisation tirés de ses expéditions) offrent à l’historien qui étudie les évolutions du voyage au 20e siècle, mais également à celui qui s’intéresse aux processus de décolonisation ou à l’histoire des sciences, la possibilité d’étudier le parcours d’un personnage singulier, souvent critiqué, presque toujours inclassable.
« C’est mon journal » ? Le bimensuel Femina de la Belle Époque aux Années folles (1901-1922)
Thèse non numérisée
Stratégie et politique pendant la guerre du Rif (1921-1926)
Thèse non numérisée
La librairie Millanges à Bordeaux au début du XVIIe siècle. Édition et étude de l’inventaire après décès de Jacques Millanges (1624)
Thèse non numérisée
La police du Châtelet de Paris (vers 1560-vers 1610). Compétences, identités et pratiques des commissaires et sergents
Au XVIe siècle et durant la majeure partie du XVIIe siècle, la police parisienne est caractérisée par une absence d’organisation institutionnelle forte et reste consubstantielle à la justice. La multiplicité des formes d’autorité urbaine coexistant avec la police du Châtelet, génératrice de conflits entre officiers, permet de mieux comprendre les difficultés de l’action policière. Une étude comparative des fortunes et des mentalités des commissaires et sergents, à la lecture des contrats de mariage et inventaires après décès, met en évidence l’hétérogénéité non seulement entre groupes d'officiers, mais aussi entre individus de même rang. Les trajectoires individuelles rendent compte des comportements et des choix politiques de fidélité ou de détournement du service royal. La gestion de l'ordre par les officiers est appréhendée préalablement par une étude de l'espace d’exercice des pratiques policières. Le quadrillage de la ville démontre une volonté de renforcement du contrôle et d’optimisation de la gestion de l'espace. Le travail quotidien des commissaires auprès des populations se révèle en partie à travers la matérialité et la variation des formes d'écriture des procès-verbaux. La politique de maintien de l'ordre public durant les troubles religieux se caractérise par des tentatives autoritaires de contrôle mises en place par le Châtelet concurremment avec les autres agents du maintien de l’ordre. L’hostilité croissante des catholiques envers les protestants, la contestation du pouvoir royal et la diversité des autorités urbaines participent à l’instabilité de l’ordre policier. Le point culminant de la perte de contrôle du roi sur l’ordre urbain est atteint lors de la Saint-Barthélémy, puis durant la Ligue. Après la reprise en main de la capitale par le roi et la pacification des troubles, les compétences du Châtelet sont peu à peu réaffirmées.
Les chemins de l’exode : l’évacuation des collections publiques françaises pendant la Seconde Guerre mondiale. L’exemple des musées des Beaux-Arts de Lille, Cambrai et Valenciennes
Thèse non numérisée. Résumé : En 1939, les musées des Beaux-Arts de Lille, Cambrai et Valenciennes sont contraints d’évacuer leurs chefs-d’œuvre vers les châteaux de l’Ouest de la France. Cette évacuation, d’une ampleur inédite, fut planifiée autant à l’échelle locale par les conservateurs de musées, qu’à l’échelle centrale par la direction des Musées nationaux. Elle révéla les multiples sources de désaccords entre instances de l’État et instances municipales, mues par leur volonté d’indépendance. Pendant de nombreux mois, la préparation à l’évacuation, comprenant la protection des bâtiments muséaux, la confection des caisses propres à transporter des œuvres d’art ou encore la mise au point du trajet emprunté par les convoyeurs fut le quotidien des conservateurs du patrimoine et de leur personnel non mobilisé. Les dépôts censés accueillir les colletions de ces trois musées furent réquisitionnés afin d’héberger les trésors du patrimoine français. Aucun de ces dépôts n’était à l’abri : mauvaises conditions de conservation, absence d’acheminement de matériel, réquisition des lieux une fois l’Occupation décrétée furent des menaces récurrentes et ce, malgré l’action du Kunstschutz. En 1942, les dépôts concernés ainsi que le palais des Beaux-Arts de Lille durent être évacués une seconde fois. L’opération fut menée, au prix de maints problèmes avec l’administration allemande, par la direction des Musées nationaux qui avait la charge, depuis la loi d’août 1941, de veiller sur ces collections. Les œuvres de Lille, Cambrai et Valenciennes furent transportées au Grand-Lucé pour y rester jusqu’à la fin des combats de la Libération. Le retour dans leur écrin d’origine permit de dresser un bilan positif de ces différentes évacuations.
Les dieux du kiosque. L’apparition des vedettes sportives et les enjeux de leurs représentations dans la presse illustrée française de 1924 à 1939
L’Entre-deux-guerres marque la naissance d’une médiatisation importante des vedettes sportives. Celle-ci s’appuie sur les progrès techniques de la radio et du cinéma, mais aussi de la presse papier avec notamment deux hebdomadaires illustrés omnisports, Le Miroir des Sports et Match-l’Intran. L’étude exhaustive de ces titres, comparée à des magazines d’actualité généraliste, Vu et Regards, permet de comprendre les enjeux des représentations des sportives et des sportifs pendant les décennies 1920 et 1930. Les athlètes, en tant que modèles d’épanouissement physique, sont des vecteurs de la propagande des régimes totalitaires de cette période, qui voient en eux des modèles de l’homme nouveau, à l’instar du film de Leni Riefenstahl Les Dieux du stade. En France aussi, des débats idéologiques s’interrogent sur les politiques sportives à mener et des voix s’inquiètent du médiocre rang de la France sur la scène sportive internationale, qui est interprété comme un signe de déclin national. Par ailleurs, les représentations des vedettes sportives reflètent les rapports de domination de la société d’Entre-deux-guerres. Le sport féminin connaît ainsi une éclosion dans l’Hexagone à la fin de la Première Guerre mondiale mais la réaction conservatrice des années 1920 limite les activités acceptées pour les sportives dont les corps sont soumis à des exigences de pudeur et de grâce. Des vedettes noires acquièrent une réputation internationale mais sont encore considérées avec une vision coloniale soulignant leur différence. À travers l’étude de ces figures qui incarnent un certain idéal physique et moral, il est possible d’explorer sous un angle nouveau les représentations de la société française de l’Entre-deux-guerres.