62836 documents

La Compagnie de Fives-Lille : heurs et malheurs d’un fleuron de l’industrie mécanique et métallique française (1861-1958)

Thèse non numérisée. Résumé : Dans la fièvre industrielle du Second Empire, deux entrepreneurs belges ayant acquis une grande expérience dans les entreprises de chemins de fer et de travaux publics, Basile Parent (1807-1866) et Pierre Schaken (1793-1870), associés à d’habiles ingénieurs, décident en 1861, de fonder la Compagnie de Fives-Lille. Bien qu’arrivée dans le secteur tardivement par rapport à ses concurrentes, la société, pensée dès le départ comme une grande entreprise connaît une ascension fulgurante. Grâce aux réseaux des deux fondateurs et à la convention de participation qui la lie à la société de Jean-François Cail, elle connaît un essor fulgurant et parvient rapidement à se hisser parmi le groupe de tête de constructeurs de locomotives. À partir de 1870, la compagnie oriente également son affaire en direction de l’équipement de l’industrie sucrière. Mais quand la conjoncture économique se dégrade à partir des années 1880, il lui faut repenser ses structures et envisager des solutions. Les progrès permis par la seconde révolution industrielle l’encouragent ainsi à renouveler ses fabrications. Après la Première Guerre mondiale, vient le temps des adaptations. Locomotives électriques et infrastructures en béton se substituent à la vapeur et aux infrastructures métalliques. Sur le marché international, l’entreprise doit faire face à une concurrence de plus en plus rude, l’amenant à envisager un futur commun avec son ancienne alliée puis concurrente, la Société des anciens établissements Cail. L’histoire de Fives-Lille entre 1861 et 1958 est donc celle d’une continuelle diversification.

L’avènement du chevalier à la massue. Écriture, incarnations et appropriation de l’Hercule bourguignon de Philippe le Hardi à Philippe le Beau (1363-1506)

Thèse non numérisée. Résumé : Hercule est certainement le héros du panthéon grec qui a connu la fortune la plus heureuse en inspirant aussi bien auteurs qu’artistes. Cependant, bien que ses représentations antiques et modernes aient durablement marqué l’imaginaire collectif, son sort au Moyen Âge reste largement méprisé. Il connaît pourtant un destin particulier à la cour de Bourgogne où est remis au duc Philippe le Bon le Recoeil des histoires de Troyes, le premier ouvrage ambitieux consacré à Hercule. Raoul Lefèvre, tout en s’appuyant sur la tradition littéraire médiévale, y adapte les épisodes de cette vie fameuse et compose ainsi un roman dont le succès immédiat, porté par les copies manuscrites et imprimées, dépasse largement la Bourgogne. Le patronage ducal favorise l’illustration par de talentueux miniaturistes flamands de cette transposition bourguignonne de l’imaginaire herculéen : ce héros, mis en scène au sein de cycles iconographiques originaux, incarne un idéal chevaleresque et courtois mis au service du pouvoir ducal. Bien plus, cette œuvre suscite chez de riches commanditaires un intérêt pour ce chevalier à la massue que manifestent la diffusion d’exemplaires illustrés du Recoeil et de tentures de la vie d’Hercule. À la cour, les ducs s’approprient ce héros qui intègre le panthéon bourguignon, si bien qu’à l’aube du XVIe siècle il est élevé au rang de lointain ancêtre de la maison ducale. Ainsi, avant même le retour de l’Hercule antique à la Renaissance, c’est à la cour de Bourgogne que cette figure illustre, qui n’avait jamais réellement quitté l’imaginaire des lettrés ou des artistes médiévaux, a connu sa plus éclatante réincarnation : l’Hercule des ducs de Bourgogne a conquis l’Europe occidentale en imprimant assurément sa marque sur le portrait de cette figure immortelle.

Le lion et la couronne. Les Estouteville, le roi et le royaume de France vers 1350-vers 1480

La maison d’Estouteville est une famille noble du pays de Caux, en Normandie, qui a existé entre le xième et le xvième siècle, mais a connu son âge d’or au xvème siècle. Pour comprendre cette ascension, il faut regarder en détail ce qui s’est joué pendant la guerre de Cent Ans, depuis le règne de Jean II le Bon et jusqu’à celui de Louis XI : l’ébranlement de la société et de l’économie, l’évolution des pratiques militaires, les mutations du groupe nobiliaire, et, surtout, ses nouvelles relations avec le roi de France ont poussé les Estouteville à s’adapter. Les stratégies qu’ils mettent alors en place constituent le cœur de cette étude. Une attention toute particulière à deux générations-clefs met ainsi en lumière aussi bien l’entrée des Estouteville dans le service du roi que leur politique matrimoniale, la mise en place de leurs réseaux de clientèle et leur mise en scène, quand bien même les difficultés auxquelles ils doivent faire face s’accumulent. Au-delà de ces analyses, le lecteur trouvera dans ce travail quelques mises à jour généalogiques sur une famille qui n’a pas été étudiée dans son ensemble depuis 1903, ainsi que des présentations détaillées de certains personnages-clefs, comme Jehannet, conseiller de Charles VI, Louis d’Estouteville, défenseur du Mont-Saint-Michel contre les Anglais, Jean de Torcy, grand maître des arbalétriers de France et capitaine d’une des premières compagnies d’ordonnance, et Robert d’Estouteville, prévôt de Paris.

Une épopée jésuite sur la Genèse. Traduction et commentaire des trois premiers livres de la Sarcotide de Jacob Masen (1654)

Thèse non numérisée. Résumé : Le jésuite colonais Jacob Masen (1606-1681) publia en 1654 une épopée latine de cinq livres appelée la Sarcotide. L’héroïne est Sarcothée, la déesse de la chair, fusion d’Adam et Ève. Le diable, Antithée, l’attaque et elle commet le péché originel. Elle subit alors les malheurs racontés dans les trois derniers livres. L’œuvre est emblématique de baroque rhénan tardif par ses thèmes sur l’exubérance, la déchéance, la mort, les multiples ekphrasis et comparaisons. Masen s’inspire de nombreux poètes latins du Ier siècle – Virgile, Lucain, Horace – mais l’influence des Métamorphoses d’Ovide transparaît à chaque page dans les allusions aux mythes et les reprises stylistiques. Malgré le thème, qui reprend les chapitres 2 et 3 de la Genèse, l’influence des poètes latins est bien plus importante que celle des écrits bibliques et théologiques catholiques ou chrétiens. Cette œuvre tombée dans l’oubli fut brièvement connue au XVIIIe sièce quand un faussaire écossais, William Lauder, prétendit que Milton l’avait plagiée pour écrire Le Paradis perdu.

Eugène Renduel, parcours d’un éditeur au siècle des romantiques (1796-1874)

Thèse non numérisée. Résumé : Eugène Renduel, pourtant salué par ses contemporains comme une figure majeure de la librairie parisienne, tombe dès sa mort en 1874 dans un oubli quasi total, hormis pour quelques bibliophiles. Né dans la Nièvre en 1798, Pierre dit Eugène Renduel gagne Paris à vingt ans. Il s’intègre aisément dans le petit monde du livre et, installé rue des Grands-Augustins, connaît à partir de 1827 une carrière fulgurante d’une dizaine d’années. Il parvient à devenir l’un des éditeurs les plus fameux de l’école romantique : sur ses couvertures se côtoient les noms de Victor Hugo et de Charles-Augustin Sainte-Beuve, de Charles Nodier et d’Eugène Sue, d’Alfred de Musset et de Théophile Gautier. Renduel sait percevoir la richesse de ce foisonnement intellectuel et donne sa chance tant à des petits écrivains qu’à des étrangers comme les romantiques allemands Hoffmann et Heine. Cependant, très tôt, dès 1838, à ce qui pourrait passer pour l’apogée de sa carrière, Eugène Renduel amorce son retrait de la profession : il se porte acquéreur du petit château de Beuvron dans la Nièvre, près de sa terre natale, où il passe les trente dernières années de sa vie établi en tant que modeste notable local. L’inscription de la carrière de Renduel dans un laps de temps concentré entre la fin de la Restauration et les dix premières années de la Monarchie de Juillet fait de lui un témoin privilégié des transformations que connaît le monde du livre. L’étude de son parcours, de son catalogue et de sa manière d’exercer la profession d’éditeur fait de lui l’un des éditeurs les plus représentatifs de cette période de transition.

Le Maître du retable Beaussant. Redécouverte d’un peintre angevin du XVe siècle

Thèse non numérisée. Résumé : Le Maître du retable Beaussant est un peintre redécouvert récemment et peu étudié jusqu’ici. Il doit son nom de convention à son œuvre principale, le retable Beaussant, œuvre découverte en 2007. La constitution du corpus des œuvre du maitre du retable Beaussant se fit en deux temps. Avant la découverte du retable Beaussant une série d’œuvres furent attribuées au même maitre sur la base de critères stylistiques, sans qu’il soit possible de le situer en Anjou. C’est après la découverte du retable Beaussant, conservé depuis longtemps dans le Maine-et-Loire, qu’il fut possible de situer cet artiste en Anjou . La découverte dans le Maine-et-Loire et la Sarthe de verrières dont les cartons furent réalisés par le maitre permet de confirmer son ancrage angevin. La découverte du Maître du retable Beaussant comble une lacune de l’histoire de l’art en Anjou : en effet la ville d’Angers, centre artistique brillant sous René d’Anjou (1409-1480) semble perdre son éclat après le départ et la mort de ce dernier. Aucune personnalité artistique majeure n’avait pu être rattachée à l’Anjou pour la période 1490-1520. Peintre de manuscrits, de panneau et de cartons de verrières, le Maître du retable Beaussant fut un peintre polyvalent. Il fut employé par des commanditaires tant laïcs qu’ecclésiastiques et fut proche de la famille de Laval, en particulier de Pierre de Laval et de la reine Jeanne de Laval, veuve du roi René. La redécouverte de ce maitre permet donc de mieux connaitre l’activité artistique en Anjou après la mort de René d’Anjou.

La maison de Baux, construction politique et culture lignagère (milieu du XIIe-début du XIVe siècle)

Thèse non numérisée. Résumé : Parmi les plus prestigieuses maisons de l’aristocratie provençale au Moyen Âge, la maison de Baux interroge par sa capacité à perpétuer son nom et sa puissance par-delà les ruptures politiques qui scandent l’histoire de la Provence. Issus de la très haute aristocratie, les Baux parviennent à tenir tête aux dynasties comtales en se proclamant fidèles de l’empereur. Leur stratégie politique basée sur l’équivoque des pouvoirs et des influences dans la basse vallée du Rhône en fait des acteurs majeurs de la scène politique méridionale du milieu du xiie au milieu du xiiie siècle. Après l’avènement de Charles d’Anjou et de son frère Alphonse de Poitiers dans le Midi, le lignage se lance dans le service du prince. Il participe à la conquête du royaume de Sicile et récolte les fruits de la faveur royale sans pour autant renier son indépendance. Les Baux révèlent ainsi une singulière capacité à se comporter en princes sur leurs terres. Par le contrôle de l’écrit et des insignes du pouvoir (monnaies, sceaux et bulles, juridiction) la maison de Baux construit et met en scène sa domination sur la terre et les hommes. Ce faisant elle développe une haute conscience d’elle-même en élaborant précocement un récit et une culture lignagères puisant dans un passé mythique et célébrés par les troubadours. La cohésion de la parentèle et le maintien de relations distinctives face à l’Église singularisent encore les Baux. L’élévation qu’ils atteignent au début du xive siècle témoigne de la vigueur inentamée du lignage, de la principauté d’Orange aux baronnies des Baux et de Berre, sans oublier les comtés du royaume de Sicile.

Le décor et le métier. Lucien Aguettand-Blanc, architecte-décorateur de cinéma (1901-1969)

Thèse non numérisée. Résumé : La carrière de Lucien Aguettand-Blanc s'étend sur près de cinquante ans. Du début des années 1920 à la fin des années 1960, il fut l'auteur des décors de plus d'une centaine de films et de deux séries télévisées. Dans les premiers temps du cinéma, le décor de cinéma présente, à bien des aspects, une grande proximité formelle avec le décor de théâtre. Les décors de films sont brossés par des artistes-peintres décorateurs de théâtre. La vie d'Aguettand, assistant de Louis Jouvet devenu décorateur de cinéma, révèle l'entrecroisement des histoires théâtrales et cinématographiques. Pourtant, Aguettand n'a jamais été artiste-peintre. La carrière du décorateur soulève donc par un biais nouveau la question des rapports entre ces deux arts, question qui a divisé les opinions des journalistes et professionnels du cinéma pendant de nombreuses années. Après une période d'expérimentations, le décor de cinéma prend son indépendance vis-à-vis du théâtre. De simples talents en peinture ne suffisent plus à faire un bon décorateur. Le métier nouveau de décorateur de cinéma englobe des savoir-faire d'une grande diversité, dans le domaine à la fois de l'architecture, des arts décoratifs et de la construction. Aguettand est l'un des premiers « architectes-décorateurs » de cinéma, terme qui vient bientôt refléter ce changement profond. Dès la période de l'Occupation, il s'engage pour défendre une vision exigeante du métier, luttant pour tenter d'élever le niveau de recrutement et pour faire entendre les besoins des départements de décoration auprès des autorités dont ils dépendent. L'étude de la carrière d'Aguettand dans sa globalité, jusqu'au montage de ses derniers décors, à la fin des années 1960, offre une vision d'ensemble, faisant de lui un témoin particulièrement intéressant des évolutions du métier de décorateur de cinéma.

Une mystique du cœur à l’âge baroque. L’Exercice des dix jours du père Joseph Du Tremblay

Thèse non numérisée. Résumé : Quoique surtout célèbre pour son action politique et diplomatique auprès du cardinal de Richelieu, François Le Clerc Du Tremblay, en religion le père Joseph (1577-1638), est aussi à l’origine d’une abondante œuvre spirituelle. Fondateur de la congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire, le capucin a multiplié les enseignements à l’usage des moniales. Ceux-ci, appelés Exhortations, forment un véritable recueil-bibliothèque, déployant une méthode d’oraison jusqu’à l’extase mystique, dans la veine du renouveau spirituel qui marque le début du Grand Siècle. L’Exercice des dix jours, chargé de baliser la retraite annuelle des religieuses, intègre en particulier le symbole du cœur du Christ à sa progression. Si les racines bibliques et médiévales, notamment bernardine et bonaventurienne, de la dévotion n’échappent pas au père Joseph, il adapte aussi le motif cardiaque aux intérêts du premier XVIIe siècle : soif d’image, exaltation de la Passion, souveraineté de la volonté (volontarisme), poids de l’intériorité. De fait, le père Joseph doit synthétiser des traditions multiples - école franciscaine, mystique abstraite et christocentrisme baroque - et les adapter à un public spécifique - les moniales, professionnelles de la prière. Les transformations du symbole cœur, métaphore fondamentale, sont ainsi l’indice de changements dans la compréhension du monde, de la société et de soi.

Du quadrivium aux disciplinae mathematicae : histoire éditoriale d’un champ disciplinaire en mutation (1480-1550). Une recherche de bibliographie matérielle et d’histoire sociale du livre à Paris au XVIe siècle

Thèse non numérisée. Résumé : Les premiers livres mathématiques imprimés à Paris sont publiés au début des années 1480 et sont encore proche des modèles médiévaux. Ils sont pris en charge par des libraires-imprimeurs qui publient souvent des textes scolaires et de facile écoulement. Dans les années 1550, cette production est tout à fait reconfigurée : les livres mathématiques sont devenus pour certains libraires-imprimeurs une possibilité de se positionner mais seulement dans la mesure où ils peuvent assurer le monopole de ces publications. Leur participation active dans l’élaboration de cette production, certes, avant tout pour des raisons économiques, favorise l’introduction à Paris d’une conception plus moderne des mathématiques, en même temps que les auteurs affirment progressivement un enseignement plus approfondi de ces disciplines dans les collèges parisiens. Notre recherche s’intéresse donc précisément à ces liens entre le monde de l’université et celui de la librairie et à la manière dont la généralisation de la technologie imprimée influence l’évolution des savoirs eux-mêmes : quelle est la part des libraires-imprimeurs dans cette histoire intellectuelle ?

Haec qvalicvmqve svnt [...] pvblicvm accipiant : la réception des Silves de Stace chez les poètes de l’Antiquité tardive

Thèse non numérisée. Résumé : Les Silves sont un recueil de trente-deux poèmes datant du règne de Domitien (81-96) dont la plupart ont une finalité élogieuse. Elles connaissent un important succès chez les poètes latins de la fin de l'Antiquité (milieu du ivème siècle-viième siècle, d'Ausone à Veance Fortunat). La silve pose de graves difficultés de définition générique et le recueil de Stace est composé de pièces se rattachant à un grand nombre de sous-genres. Deux pièces, l'épithalame pour Stella et Violentilla et le généthliaque en l'honneur du poète Lucain, ont connu des succès particulièrement importants chez les poètes tardifs (notamment Claudien, Sidoine Apollinaire et Ennode de Pavie pour l'épithalame et Mérobaude pour le généthliaque), bien que l'établissement du christianisme ait poussé d'autres auteurs à considérer cet héritage avec plus de prudence (Paulin de Nole et Ennode de Pavie dans son généthliaque). Les épicèdes de Stace, pourtant nombreux, ont connu un succès moindre. Les poèmes descriptifs, qui nous ont longtemps retenus, connaissent un grand écho : les ekphraseis d’œuvres d'art et les catalogues de marbres sont pour Stace et ses héritiers sources d'admiration, à la fois prétexte à un encomium de l'objet en question (et par là de son propriétaire) et occasion de questionner leur propre pratique poétique. Enfin, les descriptions des grandes demeures de leurs mécènes fournissent à ces poètes l'occasion de présenter le regard qu'ils portent sur les relations entre l'homme et la nature, conception bien souvent directement héritée du poète napolitain. L'ensemble de ces reprises témoignent d'une communauté d'esprit entre Stace et ses épigones favorisée notamment par la finalité encomiastique de leur production qui s'exprime le plus souvent sur le mode indirect mais aussi par un intérêt réel pour les merveilles qui les entourent.

Crimes sexuels et société à la fin de l’Ancien Régime. Le viol à Auxerre et à Sens au XVIIIe siècle

Thèse non numérisée. Résumé : Depuis les années 1970, les violences sexuelles servent de support aux chercheurs en sciences humaines pour explorer le monde de la justice, la condition féminine, les relations sociales, le lien familial, le règlement des conflits ou même, plus récemment, la notion de genre. Ces études transversales des crimes sexuels soulèvent et discutent peu à peu les préjugés qui pèsent sur la vie quotidienne sous l’Ancien Régime. L’essor de l’histoire sociale de la justice réactualise aujourd’hui la question du viol dans l’historiographie. Débats contemporains, sources difficiles d’accès, rareté des cas portés en justice : les freins à l’initiative de la recherche ne manquent pas. Longtemps considéré comme un sujet pervers et polémique, ce crime mérite pourtant le statut d’objet d’histoire à part entière. Les affaires sexuelles dévoilent la complexité du droit et du système judiciaire. La procédure criminelle croise quant à elle les intérêts individuels, les mentalités collectives ainsi que les normes relatives à la sexualité et à la violence. Les crimes sexuels mettent en lumière un certain nombre de mutations sociales à l’œuvre ou déjà achevées à la fin de l’époque moderne. L’angle monographique, qui vise les bailliages d’Auxerre et de Sens, au cœur de l’actuel département de l’Yonne, contribue à une lecture moins désincarnée du traitement des affaires de viol. Écrire un pan de l’histoire des crimes sexuels au XVIIIe siècle n’exclut pas en effet de s’intéresser à l’environnement vécu et aux destins des justiciables. L’univers dans lequel ces derniers évoluent influence les représentations du viol, à court terme durant le procès et sur le temps long de leur existence.

Une paraphrase poétique des miracles du Christ à l’époque de la réforme catholique : le Thevrgicon sive De miracvlis Christi (1644) du P. François Vavasseur, s. j. Édition, traduction et commentaire

Le Père François Vavasseur (1605-1681) a été jésuite, professeur de rhétorique et théologien. Célèbre parmi les érudits de son siècle pour la pureté de son latin, il nous a laissé une œuvre abondante en vers et en prose, en particulier des paraphrases versifiées de la Bible. Après une monumentale paraphrase du livre de Job (1638), il aborde les Évangiles et écrit les quatre livres du Theurgicon (publiés pour la première fois en 1644). Seuls les deux premiers ont été édités et traduits ici. Cette œuvre de 2610 hexamètres dactyliques dans un style virgilien se compose de quarante poèmes allant de 19 à 200 vers, chacun raconte un miracle du Christ. Le titre provient d’une expression grecque trouvée chez le Pseudo-Denys l’Aréopagite qui désigne les œuvres divines, œuvres d’un Dieu ou œuvres qui révèlent un Dieu. Car tout le poème est un immense proclamation de la nature divine de Jésus. Largement influencé par La Christiade, épopée écrite par l’humaniste italien Marco Girolamo Vida un siècle plus tôt, il s’en distingue cependant par sa plus grande fidélité au texte biblique. Vavasseur est en effet un homme de la réforme catholique qui suit de très près le dogme et les interprétations traditionnelles de l’Écriture. Comme le pape Urbain VIII qui règne alors à Rome, il veut associer la poésie néolatine au grand concert baroque à la louange de la religion catholique triomphante. Il unit donc dans son poème tout ce qu’il sait faire de plus beau à ce qu’il juge être le plus vrai. Même s’il n’intervient pas dans le récit, on devine derrière son apparente neutralité et orthodoxie des choix personnels dans les débats théologiques de son temps, en particulier contre la mystique trop spéculative ou le jansénisme. Une œuvre profonde et savante ad maiorem Dei gloriam. Hélas il écrit dans un siècle où la littérature latine en France n’a plus l’influence et la valeur face à la littérature française et le Theurgicon, malgré quelques rééditions jusqu’au début du XVIIIe siècle, a vite sombré dans l’oubli.

Italie, design et politique : fabrique d’un modèle et transferts culturels vers la France (1964-début des années 1990). Étude fondée sur les archives de Gruppo Strum et Studio 65 à Turin

Thèse non numérisée. Résumé : Entre 1964 et 1969, les membres des groupes de designers Gruppo Strum et Studio 65 prennent activement part aux contestations étudiantes de la Faculté d’architecture de Turin. Ces événements ancrent chez eux, comme pour les architectes de leur génération, la pratique du projet de design dans un prisme politique. Les histoires de Gruppo Strum et Studio 65 inscrivent les relations entre design et politique en Italie dans une territorialité particulière, celle de la ville de Turin. Réfléchissant également à une plus large échelle, aussi bien géographique que chronologique, ce travail examine la part du politique dans la définition de l’italianité du design. Cependant, dans la démarche d’une histoire globale, force est de constater que l’italianité n’est pas un concept autochtone. Lieu de projection de fantasmes depuis plusieurs siècles, sa définition se construit dans un entremêlement de représentations provenant de l’extérieur des frontières de la péninsule, et notamment de la France. L’appréhension des relations entre la France et l’Italie autour du design se fait par l’identification des zones de contact, des multiples acteurs impliqués et de leurs stratégies. Cette méthodologie, qui repose sur le dialogue des sources écrites et orales, met en lumière les dynamiques de transferts culturels du design des deux côtés des Alpes. Le design italien, qui dans les années 1970 remplace progressivement la Scandinavie comme modèle de référence en France, alimente les créateurs français et stimule le désir des pouvoirs publics de posséder une industrie du design proprement nationale. Réciproquement, la réception des produits italiens en France induit un déplacement profond de leur sens et de leur statut.

Rédiger son testament selon le droit canonique (XIIe-XVe siècle)

Thèse non numérisée. Résumé : Pour les juristes français, les formes du testament sont le résultat d’une combinaison produite par l’influence du droit romain, des coutumes de l’ancienne France et de la législation révolutionnaire. L’apport du droit canonique à la formation du droit moderne et contemporain du testament, bien que majeur, est le plus souvent totalement passé sous silence. La réintroduction du testament au xiie siècle est incontestablement due à la redécouverte du Corpus Juris Civilis. Cet ensemble fournit du procédé une définition particulièrement claire, l’entendant comme un acte de dernière volonté révocable. L’influence du droit romain, d’abord importante dans le Midi, a donc conditionné la diffusion de l’institution dans la pratique. Très tôt, cependant, s’est opéré un mouvement de simplification des formes exigées. La plupart des règles romaines sont écartées. L’Église n’exige en réalité aucune formalité, mais seulement des preuves de l’acte. Cette attitude très souple permet au plus grand nombre de tester, le plus souvent simplement par oral. Ouvrir à chacun une telle possibilité a bien sûr d’abord pour but de permettre à tous les chrétiens d’effectuer des legs pieux susceptibles, au-delà du rachat de leurs fautes, de venir enrichir le patrimoine ecclésiastique. Cette politique n’en débouche pas moins sur une promotion sans précédent de l’acte à cause de mort et de la liberté de disposer.
Thèse ENC (cote AN : AB XXVIII 1755)

Le duc, le châtelain et le territoire. La châtellenie d’Allinges- Thonon sous le règne du duc de Savoie Charles II (1504-1536)

Cœur du pouvoir princier savoyard sous le règne d’Amédée VIII, duc de Savoie, la châtellenie d’Allinges-Thonon n’est plus, dans le premier tiers du XVIe siècle, qu’une unité financière territoriale parmi d’autres au sein de l’immense appareil financier du duché, piloté par la Chambre des comptes. La cour de Charles II n’y fait que des passages fugaces, et lui préfère Turin, Chambéry ou Annecy. Le châtelain de Thonon, où plutôt son lieutenant, est chargé de la gestion de cette institution locale au nom du duc. En tant qu’officier territorial il cumule des prérogatives financières, judiciaires, militaires et administratives. Il rend tous les ans un compte de châtellenie, vérifié par les maîtres et auditeurs de la Chambre des comptes. Ces comptes sont riches en informations sur la gestion du châtelain et les modalités de l’exercice de cet office dans le premier tiers du XVIe siècle. Dans une région profondément ébranlée par le conflit qui oppose Charles II à Genève à partir des années 1520, cette étude tente de comprendre comment s’exerce le contrôle ducal sur ce territoire à travers l’étude d’une institution territoriale par excellence : la châtellenie.

Sur les chemins de l’Empire. Voyages princiers, politique et lien social dans le Saint-Empire (XVIe-XVIIe siècles)

Thèse non numérisée. Résumé : Le Saint-Empire à l’époque moderne forme un espace politique morcelé aussi bien qu’une société aristocratique hiérarchisée et soudée. Ses princes ne cessent tout au long de la période de se déplacer hors de leurs territoires pour vaquer à leurs affaires, entraînant à leur suite des centaines d’hommes et de chevaux, alors qu’au même moment cette pratique devient exceptionnelle parmi les souverains d’Europe occidentale. L’exemple des mobilités extra-territoriales des princes-électeurs de Brandebourg constitue une entrée stimulante pour interroger la spécificité du Saint-Empire, sa structuration sociale et spatiale ainsi que la culture politique de ses élites. L’intérêt et la nécessité de l’itinérance dans le contexte allemand expliquent sa fréquence, en dépit des pesanteurs matérielles, des contraintes logistiques et du coût financier qu’elle suscite. Le voyage met en jeu le contrôle de la route, les cérémonies et les conflits aux frontières aussi bien que la concurrence entre les cours. En ce sens, il fait l’Empire, ses hiérarchies et les relations entre ses princes que la rencontre, par ses gestes, ses rites et ses festivités vient sans cesse remodeler et renouveler. Les mobilités princières présentent sous un jour nouveau l’insertion et la représentation des électeurs de Brandebourg au sein de l’édifice impérial. Elles permettent enfin de voir l’Empire tel que ses princes le perçoivent.

Marguilliers laïques des églises de Paris

Thèse non numérisée

Hugues-Capet dans l’histoire et le roman

Thèse non numérisée

Wala et Louis le Débonnaire

Thèse non numérisée

Des armoiries

Thèse non numérisée

Examen des œuvres de Virgilius Maro, le grammairien

Thèse non numérisée

De la négation dans les langues romanes du midi et du nord de la France

Thèse non numérisée

Essai de dictionnaire des anciens peintres français pendant le Moyen Âge et la Renaissance

Thèse non numérisée

Des enquêteurs et des réformateurs sous la troisième race

Thèse non numérisée

Ordonnances de l’hôtel des rois de France ou de l’organisation intérieure de la maison des rois aux XIIIe et XIVe siècles

Thèse non numérisée

De la juridiction des archidiacres

Thèse non numérisée

Des appellations en cour de Rome

Thèse non numérisée

Des notes tironiennes

Thèse numérisée

Recherches sur la minorité et ses effets dans la France coutumière au Moyen Âge

Thèse non numérisée

Des asiles religieux dans l’empire romain et en France

Thèse non numérisée

Histoire des Missi dominici

Thèse non numérisée

Pépin II roi d’Aquitaine

Thèse non numérisée

Des réformes du droit civil demandées par le tiers ordre des états généraux de 1614 (1302-1614)

Thèse non numérisée

Biographie de Jean II de Montagu, surintendant des finances et grand maître de l’hôtel du roi Charles VI (1388-1409)

Thèse non numérisée

Essai sur le commerce par eau et la corporation des marchands hansés de la ville de Paris au Moyen Âge

Thèse non numérisée

Votre sélection

Pas de sélection

X