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La psychanalyse confrontée à l’épistémologie
"La psychanalyse confrontée à l’épistémologie" revient sur la question des rapports entre pratique psychanalytique et les critères qui peuvent légitimer la théorie freudienne d’un point de vue scientifique. Reprenant sa lecture de Freud représentée par "De l’interprétation" (1965) et d’autres textes ultérieurs, Ricœur la réarticule aux questions du "fait", de rapport entre l’"investigation" et la "méthode", et de la "preuve", et réaffirme l’ancrage herméneutique de son approche.
Avant la loi morale, l’éthique
"Avant la loi morale : l’éthique" expose la conception de l’éthique de Ricœur dans un cheminement allant d’une conception à la première personne pour atteindre la règle commune en passant par le rapport à autrui ; le formalisme kantien est ramené à un processus d’universalisation découlant de ce mouvement dynamique de l’éthique vers la morale.
Heidegger et la question de Dieu
La "Note introductive" à "Heidegger et la question de Dieu" est un texte de quelques lignes introduisant un ouvrage collectif s’intéressant au rapport de l’auteur de "Sein und Zeit" à la pensée et à la théologie chrétienne et, plus généralement, à l’ancrage judéo-chrétien de la civilisation occidentale.
Signe et sens
"Signe et sens" explicite ce qui conduit Ricœur à identifier la question du symbolisme, sur laquelle il travaille depuis la "Symbolique du mal", à une tension entre le plan du signe et celui du sens. Cet article marque l’émergence de la nouvelle conception de l’herméneutique chez le philosophe, ainsi qu’une rupture avec un structuralisme historique ancré dans le paradigme linguistique saussurien.
L’avenir de l’Université
Dans "L’avenir de l’Université", Ricœur effectue un diagnostic direct et critique des problèmes fondamentaux de l’université (française) en les rapportant à un contexte de crise plus générale des institutions ou des pouvoirs, de crise culturelle et civilisationnelle. Il veut faire un certain nombre de propositions concrètes pour répondre à cette situation. Sur la base de son expérience des évènements de mai 1968, il plaide en faveur d’une "manière proprement universitaire de faire de la politique" contre une politisation des institutions fonctionnant à vide et conduisant à des impasses.
Le philosophe
"Le philosophe" est un texte revenant de manière synthétique sur la situation de la philosophie et des sciences humaines-sociales de 1945 à 1970. L’émergence du paradigme linguistique et sémiologique ne doit pas conduire la philosophie à un enfermement dans le langage et à se détacher du dire constitutif d’une pensée vive.
Liberté
"Liberté" est un article publié dans "l’Encyclopædia Universalis". La question de la liberté est abordée à travers un discours d’ordre descriptif sur l’action libre, un discours d’ordre moral et politique concernant une liberté sensée, et un discours cherchant à déterminer le cadre ontologique de la liberté.
Tâches de la Communauté ecclésiale dans le monde moderne
"Tâches de la Communauté ecclésiale dans le monde moderne" est une contribution aux actes du colloque intitulé "La théologie du renouveau". Ce texte revient sur un rapport chrétien au monde technique, sur la question du langage dans la démystification et démythologisation du discours religieux, et sur l’idée d’un sujet collectif de l’Église.
Aliénation
"Aliénation" est un article de synthèse qui vise à redonner un cadre limitatif de sens et d’usage à ce concept en revenant, de Rousseau à Marx en passant par Hegel, sur une partie de l’histoire de la philosophie occidentale moderne.
Le symbolisme et l’explication structurale
"Le symbolisme et l’explication structurale" revient sur le modèle proposé par le structuralisme linguistique et, en particulier, par l’anthropologie structurale de Lévi-Strauss pour aborder le symbolisme. Sans se placer dans une alternative entre les deux, Ricœur veut désigner les limitations du structuralisme linguistique et rappeler la légitimité d’une perspective herméneutique.
Le symbole et le mythe
"Le symbole et le mythe" s’attache à sortir de l’opposition entre le kérygme chrétien et le mythe en faisant du symbolisme ce qui vient relier les deux bords et en donnant une primauté du symbole sur le mythe. Un travail herméneutique de démythologisation est engagé, lequel demeure néanmoins secondaire par rapport à celui de démystification de la religion.
L’être et la vérité chez Heidegger et Saint Thomas d’Aquin
La "Préface" à "L’être et la vérité chez Heidegger et Saint Thomas d’Aquin" présente le travail de confrontation des philosophies thomiste et heideggérienne opéré par Bertrand Rioux. Ricœur souligne l’intérêt de mettre au jour les points de ressemblance - sur la question de l’être - et de différence - sur la question de la vérité - entre les deux philosophies.
Lettre de P. Ricœur lue par J. Hersch lors de la discussion de sa conférence intitulée "Temps tragique et liberté"
Ce texte est extrait de la transcription des échanges qui ont eu lieu après une conférence intitulée "Temps, tragique, et liberté" que Jeanne Hersch a faite lors d’une session de travail de la Société française de Philosophie. Ricœur intervient dans la discussion par l’intermédiaire d’une lettre lue par la conférencière. Il émet une objection concernant le statut du tragique dans la présentation de Hersch.
Le paradoxe de la liberté politique : commentaire de Paul Ricœur
"Le paradoxe de la liberté politique. Commentaire de Paul Ricœur" rapporte la question de la liberté politique à une situation contemporaine devant nécessairement tirer des leçons des conceptions de la liberté issues du libéralisme et du socialisme.
Sur la phénoménologie. II, Le "problème de l’âme"
"Sur la phénoménologie" est un compte-rendu du livre de Stephan Strasser, "Le problème de l’âme. Études sur l’objet respectif de la psychologie métaphysique et de la psychologie empirique" (1953). Au-delà du non-être de la conscience comme lieu où seraient déterminés le plan métaphysique et le plan empirique du psychologique, Ricœur identifie dans ce livre un développement décisif vers la positivité d’une philosophie de l’être en acte.
Envoi
"Envoi" est le texte de lancement, en 1947, d’une nouvelle série de la revue "Foi Éducation". Ricœur y rappelle les principes généraux de la Fédération protestante de l’enseignement, eu égard à la laïcité et à l’engagement des chrétiens dans le monde du travail.
Responsabilité de la pensée
"Responsabilité de la pensée" affirme la non-distinction entre pensée et action du point de vue d’une philosophie pratique ainsi que selon une perspective eschatologique chrétienne. Si Ricœur reconnaît la part de vérité de la thèse de Julien Benda, dans "La trahison des clercs", il s’oppose fortement à sa conception de la raison comme position de surplomb sur les croyances et les idéologies. En étant une autojustification d’elle-même, cette conception ne fait que remplacer une idolâtrie par une autre.
Autorité, pouvoir, puissance : principes de philosophie politique
La "Préface" à "Autorité, pouvoir, puissance : principes de philosophie politique" introduit un ouvrage de Philibert Secretan qui vise à se démarquer d’une conception absolutisée du politique et qui établit le cadre d’une approche se situant dans l’écart entre le politique et le philosophique.
Herméneutique, les finalités de l’exégèse biblique
Dans la conférence grand public intitulée "Herméneutique. Les finalités de l’exégèse biblique", Ricœur a voulu réconcilier les approches historico-critique et sémiotique en tant que méthodes indispensables de distanciation qu’un lecteur de texte biblique nécessite pour obtenir une lecture confessante "instruite" et non-idéologique.
Conclusions [aux exposés]
Revenant sur les travaux du quatrième Colloque international de phénoménologie qui s’est tenu à Schwäbisch Hall en septembre 1968, Paul Ricœur s’attache à définir une approche phénoménologique de la question de la vérité qui se maintiendrait dans le cadre d’une critique de l’empirisme et du psychologisme mais impliquerait aussi une critique d’un intuitionnisme comme risque encore prégnant de cette approche phénoménologique.
La problématique de la croyance : opinion, assentiment, foi
"La problématique de la croyance : opinion, assentiment, foi" est un essai de revue historique des différentes acceptions de la croyance dans la philosophie, interrogeant notamment la place de la foi dans une réflexion sur la croyance.
La phénoménologie de Merleau-Ponty : une recherche des limites de la conscience
Ricœur introduit dans cette préface la lecture de l’œuvre de Merleau-Ponty que réalise Gary Brent Madison à partir de la dernière philosophie merleau-pontienne. La perspective ontologique qui s’y dessine permet de rapporter une pensée phénoménologique à sa richesse et de ses possibles.
Contribution d’une réflexion sur le langage à une théologie de la parole
"Contribution d’une réflexion sur le langage à une théologie de la parole" s’interroge sur le sens d’une théologie de la Parole, et propose de traiter le sens d’une théologie de la Parole par rapport à une linguistique structurale, à une phénoménologie de la parole et à une ontologie du discours.
Porteurs d’espérance
Dans "Porteurs d’espérance", Ricœur présente à la fois une réflexion théorique et une attestation de foi singulière au sujet des droits de l’homme, à 40 ans de la signature de la Déclaration du 1948.
Paul Tillich et le symbole religieux
La préface de Paul Ricœur à l’œuvre de Jocelyn Dunphy, publiée en 1971, constitue une réflexion sur le problème du symbole dans l’œuvre de Tillich. Cette approche est le résultat de l’analyse des trois niveaux de symbolisme, le symbolisme ouvert, le symbolisme structurel et le symbolisme de base, qui permit à Dunphy reconnaître dans le symbole la prise de ce qui est sur ce que nous disons.
Puissance de la parole : science et poésie
"Puissance de la parole : science et poésie" montre que la science et la poésie correspondent à deux usages opposés de l’ambiguïté qui résulte de l’essentielle polysémie du langage, l’un consistant à l’éliminer, l’autre à la magnifier, et souligne que ces usages sont en même temps complémentaires, si l’on se place du point de leur signification anthropologique et cosmique.
Connaissance de l’homme par la littérature du malheur
"Connaissance de l’homme par la littérature du malheur" propose une lecture d’une sélection de livres d’après-guerre, qui démontre leur capacité collective de révéler l’éventail complet des possibilités humaines.
Remarques sur la communication du Professeur Karl Löwith
Les "Remarques sur la communication du Professeur Karl Löwith" développent une critique de l’approche du problème du rapport entre historicité et vérité adoptée par Löwith. Ricœur défend la thèse selon laquelle l’effondrement de la métaphysique hégélienne, après avoir conduit à l’historicisme, ne nous condamne ni au relativisme historique ni au scientisme, mais impose la prise en compte de l’historicité de l’existence. Les philosophes de l’historicité (Jaspers, Heidegger, Gadamer, etc.) nous invitent à dépasser les conceptions traditionnelles de la vérité, mais cela ne signifie pas qu’elles promeuvent l’irrationalisme et le relativisme. Bien qu’elles rejettent le "rationalisme conceptuel" des grands penseurs systématiques, leur "souci du penser et de la raison" et leur attention à la concrétude de l’existence ou à "l’avance effective du sens" les maintiennent dans la proximité de la philosophie hégélienne, à laquelle elles ne peuvent entièrement renoncer.
La pensée engagée
En 1948, Paul Ricœur publie "La pensée engagée"dans la revue "Esprit", à la suite de la publication d’"Humanisme et terreur" de Merleau-Ponty. Plus qu’une note de lecture, ce texte s’engage dans une réflexion politique à partir des procès de Moscou et de l’époque stalinienne, pour interroger le paradoxe résidant entre "humanisme" et "néo-communisme".
La justice. Entretien avec Paul Ricœur
Dans cet entretien avec Jean-Marc Gaté pour la revue "Le Philosophoire", Paul Ricœur reprend son parcours depuis "Soi-même comme un autre" et dans "Le Juste" I et II. La juste distance appliquée au domaine juridique est l’occasion d’une discussion qui reprend l’importance de la traversée herméneutique de l’imagination interprétative à la lutte pour la reconnaissance et à l’hospitalité langagière. Ce parcours dans le travail ricœurien à propos de la justice souligne l’importance du dialogue des traditions philosophiques dans sa pensée, ainsi que l’intérêt pour la sagesse pratique dans la mise en œuvre du principe de justice à partir de l’homme vulnérable et capable.
Contingence et intériorité : essai sur la signification théologique de l’œuvre de Pierre Thévenaz
La préface à Bernard Hort ("Contingence et intériorité. Essai sur la signification théologique de l’œuvre de Pierre Thévenaz") est l’occasion pour Ricœur de revenir sur la philosophie protestante de son ami Pierre Thévenaz (1913-1955).
Le droit de punir
Dans "Le droit de punir", Ricœur interroge la prétendue concurrence entre la Justice divine et le droit pénal, et plus généralement l’idée que le droit se serait institué contre des préceptes religieux. Quelle logique relève du christianisme ? L’expiation ou l’amendement ? La forme laïque du droit ne serait-elle pas plus fidèle au christianisme lui-même ?
L’humanité de l’homme : contribution de la philosophie française contemporaine
"L’Humanité de l’Homme. Contribution de la Philosophie Française contemporaine" porte sur la question de l’homme à travers une relecture de l’histoire de la philosophie française contemporaine.
Responsabilité et culpabilité au plan communautaire
"Responsabilité et Culpabilité au plan communautaire" soutient la thèse selon laquelle la faute individuelle, susceptible d’une punition proportionnelle aux actes effectivement commis par un individu, ne peut pas rendre compte de la dimension communautaire du mal. La notion d’une culpabilité au plan communautaire, enracinée dans la tradition biblique, est actualisée à la lumière des injustices de la société contemporaine, qui ne pourraient pas être comprises à partir des fautes de tel ou tel individu.
Enjeux philosophiques de l'intervention
Les textes parus dans "Intervenir ? Droits de la personne et raisons d’État" soulèvent des enjeux éthiques, politiques et juridiques posés par les interventions humanitaires, armées ou visant à contrer l’exclusion sociale. Ces enjeux surgissent dans l’intervalle qui s’ouvre entre les deux pôles fondamentaux du problème que constituent la souffrance des victimes à secourir ou soutenir et la violence potentielle inhérente à la réalisation du secours. Ricœur suggère que la légitimité morale, politique et juridique d’une intervention dépend de la manière dont elle tient compte tout à la fois du droit d’accès aux victimes qui appellent au secours, du devoir d’assistance que cet appel impose comme un impératif aux témoins de la souffrance, de la souveraineté des États et du caractère potentiellement violent et intrusif des interventions. En l’absence d’une règle stricte et universelle permettant de trouver l’équilibre entre ces différents critères et de déterminer ainsi quelle intervention est légitime dans une situation donnée, l’exercice de la sagesse pratique (phronêsis) s’avère chaque fois nécessaire.
Sur la tolérance
Au sein d’une livraison de la revue "Diogène" consacrée à la tolérance, outre un avertissement et trois introductions de parties, Ricœur a rédigé "L’usure de la tolérance et la résistance de l’intolérable", où il entend la tolérance comme le résultat d’une "ascèse dans l’exercice du pouvoir" qu’on est porté à exercer sur les autres.