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Amore dei : dire, revendiquer et vivre la pauvreté au XVe siècleune étude des pétitions et suppliques à San Severino Marche et Macerata (1440-1470)
Thèse non numérisée. Résumé : La voix du pauvre a toujours été difficile d’accès pour l’historien. Malgré les filtres, les requêtes adressées aux communes italiennes au Moyen Âge tardif dévoilent derrière le terme pauvre une subjectivité. Ces autoportraits font jaillir de la masse de l’indigence des profils très divers. Les visages du dénuement sont familiers, la pauvreté laborieuse y a sa place à côté des groupes traditionnels de veuves et d’orphelins. Le lexique de la pauvreté est précis mais ne suffit pas à fonder une conscience de groupe chez des personnes si différentes : seul l’aiguillon du manque les réunit. Au-delà des catégories, l’identité sexuelle établit une autre divergence dans la manière de vivre la pauvreté. Fondé sur l’autorité masculine, le régime de genre accorde à l’homme une responsabilité lourde de conséquence quand le dénuement le frappe. Impuissant à remplir ses devoirs, son indigence est honteuse. La femme, légitime à la faiblesse, présente une forte conscience de ses droits lorsque le veuvage l’appauvrit. Car si les requérants sont des pauvres secourus, ce dialogue les dévoile en individus agissants, capables de mobiliser les normes. Leur rhétorique est adaptée à leur demande et à leurs interlocuteurs, déployant parfois un raisonnement revendicatif qui ébauche l’idée d’un droit à être secouru. Dans ce jeu de miroir entre requêtes et réponses de l’autorité communale se dégagent les droits et les devoirs de chacun. L’idéologie communale est réaffirmée par les deux partis et par elle la suprématie de la communauté sur l’individu. Si la solidarité apparaît comme nécessaire à la cohésion de la collectivité, ses membres y ont droit parce qu’ils sont prêts à lui être sacrifiés.
Misère et assistance dans le diocèse de Rennes au XVIIIe siècle
Thèse en accès restreint, consulter l'Ecole nationale des chartes
Le temps de Jean-Baptiste et le temps de Galilée
"Le temps de Jean-Baptiste et le temps de Galilée" est un texte discutant de la contribution de Maurice Montuclard au livre intitulé "Les événements et la foi" (Paris, Seuil, 1951). Ricœur rattache la difficulté à évaluer ce livre au fait que son manque de prise d’ordre scientifique sur le monde social est compensé par l’irréfutabilité d’un engagement auprès du mouvement ouvrier. Similairement, mais sur un plan plus critique, il met au jour les limites d’un positionnement qui, s’il place l’engagement chrétien et le mouvement ouvrier sur le même plan, n’entre pas dans le cœur d’un débat et d’une confrontation approfondie entre christianisme et marxisme.
Le socialisme aujourd’hui
"Le socialisme aujourd’hui" revient sur les principes constitutifs d’un socialisme en 1961. Ricœur établit ainsi en ensemble de définitions et de règles fondamentales pour l’émergence, l’établissement, et le maintien d’un tel système d’organisation sociale sur les plans économique, politique, et culturel. On passe d’une détermination des limites du capitalisme via le socialisme, à la prise en compte des limites spirituelles du socialisme via le christianisme.
[L’argent] D’un soupçon à l’autre
"D’un soupçon à l’autre" traite de la question de l’argent à partir de sa problématisation sur les plans moral, économique et politique. Le plan économique procède d’une forme d’émancipation vis-à-vis du plan moral, tandis le plan politique apparaît comme une mise au jour des limitations de la science économique et il fournit les arguments pour le renvoi à un questionnement au plan moral.
Que signifie la présence des pauvres parmi nous ?
"Que signifie la présence des pauvres parmi nous" est un article de Paul Ricœur paru en 1961 dans "Foi Éducation". L’analyse du philosophe s’y joue en quatre temps, instituant le passage d’une situation de "contradiction ruineuse" à celle d’un "paradoxe vivant" (19) qui serait non seulement plus positif mais plus conforme à ce qu’est la pauvreté et ce qu’elle signifie pour toute société humaine.